Atelier “Consommer local” avec la COFERSA (Convergence des Femmes Rurales pour la Souveraineté Alimentaire, Mali)

Pourquoi doit-on faire attention à ce que l’on mange ?

C’est cette question qui a été débattue lors de l’atelier organisé par l’association malienne COFERSA (Convergence des femmes rurales pour la Souveraineté Alimentaire ) et BEDE, à Sikasso le 16 octobre 2011, jour de la célébration de la Journée internationale de l’alimentation.
Une quinzaine de femmes des coopératives membres de la COFERSA étaient réunies pour s’informer, débattre et réfléchir sur les enjeux de la consommation des produits agro-alimentaires et des produits locaux.
Les femmes ont commencé à identifier les produits consommés au quotidien et lors d’évènements. Quelle place occupent les produits locaux et les produits importés ? A partir d’exemples choisis : lait en poudre, cube d’assaisonnement, pain des boulangeries dites “modernes”, sodas, le sumbala, les céréales locales (mil, sorgho, fonio…), les impacts de la consommation de ses produits sur l’économie, sur la santé, sur l’environnement ont été discutés.
Chaque produit a été analysé en détail, les étiquettes d’emballage décryptées. D’où vient le produit ? Comment est-il produit, fabriqué ? Par qui ? Si je le consomme, quels sont les risques et intérêts pour ma santé ? Quels sont les impacts sur l’environnement ?

L’exemple du lait en poudre :

Consommer du lait en poudre n’est pas anodin. Le bétail laitier élevé en Europe est en partie nourri de soja importé. Ce soja est produit sur des milliers d’hectares en Amérique Latine. Ce type d’exploitation accapare les terres et les petits producteurs n’y ont plus accès pour nourrir leur famille. Ce soja est de plus cultivé avec des produits chimiques et les semences sont souvent OGM. L’impact de ces cultures sur l’environnement est donc considérable. Ce soja est importé en Europe pour nourrir le cheptel élevé en conditions industrielles, trait par des robots, gavé aux antibiotiques. Ce lait est déshydraté car sur-produit, manufacturé en ajoutant certains additifs comme la lécithine de soja (encore) pour être exporté en Afrique de l’Ouest. Voyez le circuit ! Sans compter les émissions de gaz à effet de serre … Vendu à bas prix, au détail en sachet pour toucher le plus de consommateurs possible, ce lait en poudre vient concurrencer le lait local qui est encore trop peu valorisé par des petites unités transformation.

Des produits plus sains, préservant les moyens d’existence locaux et l’environnement

Assaisonner local avec le sumbala :

photo cubesConsommer les cubes d’assaisonnement produits par les multinationales enrichissent ces dernières au détriment des femmes rurales qui transforment et commercialisent le sumbala. Cette pâte issue des fruits fermentés du néré est aussi d’une grande qualité nutritionnelle, alors que les additifs qui composent les cubes industriels comme le glutamate sont très controversés.
Etiquette soumbala

Une campagne de sensibilisation à l’utilisation des produits locaux:

Ayant compris les enjeux de l’acte de consommation, les participantes ont décidé d’informer autour d’elles et de produire un certain nombre d’outils avec le soutien de BEDE : affiche, émission radio en langue locale, livret illustré.
Le maître mot de l’atelier aura été la détermination à s’affirmer dans la transformation des produits locaux pour leur intérêt nutritionnel et économique pour le monde rural, et leur contribution à la préservation de l’environnement, « pour qu’on ne soit pas “des grillons pour déchirer nos entrailles” » [adage local].

DVD “Bien se nourrir avec les produits locaux”

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