| Acteurs et mécanismes > Droit > Bioéthique > | |
Biopiraterie
| |
| La biopiraterie est une nouvelle forme d'exploitation des ressources des communautés locales du Sud par des acteurs économiques divers. Cette exploitation touche non seulement aux ressources biologiques utilisées de manière traditionnelle dans les pays du Sud, mais aussi à leurs ressources intellectuelles, c'est-à-dire à leurs savoirs et connaissances sur le monde vivant. Parmi les exemples de biopiraterie les plus connus figure celui du curcuma, une racine orange aux propriétés médicinales multiples, que deux chercheurs de l'Université du Mississippi cherchent à breveter en 1995 pour son utilité dans le guérissement des plaies. Autre cas: la quinoa, une plante cultivée en Amérique Latine pour ses graines alimentaires, dont les plantes stériles mâles de la variété bolivienne "Apelawa" se trouvent aujourd'hui brevetées. Toute corporation agro-alimentaire en possession de ce brevet serait en droit d'interdire l'exportation de ces plantes et des produits de leur récolte aux Etats-Unis, une mesure dont l'implication sur l'économie bolivienne pourrait être lourde de conséquences. Ainsi, les nouvelles biotechnologies accentuent ce phénomène d'appropriation en ce sens qu'elles permettent d'isoler le ou les segments d'ADN responsables d'un trait particulier chez une plante ou une bactérie, de l'insérer dans le génome d'un autre animal ou végétal, et de breveter le nouveau 'produit' transgénique. Outre les plantes alimentaires, médicinales, les micro-oragnismes et les animaux, la biopiraterie touche aussi les gènes humains de communautés autochtones présentant un intérêt pour la science. La bioprospection, selon la manière dont elle est pratiquée (respect ou non de la règle du consentement informé des communautés, partenariat sur le développement de nouveaux produits à partir des ressources génétiques, partage des bénéfices...) peut devenir une forme de biopiraterie. Certains critiques ne voient dans les accords bilatéraux de bioprospection entre un pays, une communauté, ou une institution et une corporation que la validation juridique d'un biopiratage commis à l'encontre de communautés dont les valeurs et les droits ne sont pas totalement respectés. | |
Documents, liens :
Hargous (Sabine) Eds. "Biopiraterie dans les Andes, l'affaire quinua". Les Temps Modernes, N°607, Jan-Fév. 2000
Ce document est au format Word.
RAFI "Capitaine Crochet, les voleurs de bétail et autres Attil : le biopiratage de la mer, des plantes et du bétail continue", Communiqué RAFI #65, Biopiratage, sixième révision annuelle, mai-juin 2000. (Traduit de l'anglais par Claire Richardot pour le programme Privatisation du Vivant de BEDE)
Ce document est au format DOC.
http://www.rafi.ca/papers/pdf/op2.pdf : RAFI's Occasional papers vol 1, n°2 : "Microbial Biopiracy : Initial Analysis of Microbial Genetic Resources Originating in the South and Held in the North" (Juin 1994). Attention ce texte est au format PDF et "pèse" 213 Ko ! (en anglais).Bibliographie :
Fiches d'expérience :