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Droit
Si les progrès de la science et l'avancée des technologies ont eu une incidence significative sur les relations économiques, ils ont aussi commandé un remaniement dans le domaine juridique. Plus qu'un remaniement, il s'agit peut-être d'une nouvelle ère dans l'histoire du droit, dont on attend qu'il réglemente de manière efficace les relations entre producteurs et consommateurs, qu'il protège les inventions, ou encore qu'il offre des solutions de sauvegarde de l'environnement. Selon Marie-Angèle Hermitte, le droit est bien en mal aujourd'hui de répondre à ces attentes, car les juristes ont rarement la capacité de synthétiser toute l'information nécessaire à une compréhension réelle des enjeux. De plus, l'on assiste d'après elle à une dérive juridique liée au manque de souplesse du système juridique, au réductionisme dont fait preuve une partie de la communauté scientifique et à l'emprise du marché sur le système de valeurs traditionnel. La préséance du droit des lobbies dans la réglementation juridique, droit qui repose plus sur la défense d'intérêts commerciaux que sur un réel projet de société globale exemplifie cette dérive. P. Roubier estime que pour rendre acceptable et viable les droits de propriété industriels, il est nécessaire de mettre en oeuvre une régularisation juridique du jeu de la concurrence.
En matière de droit du vivant, la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de 1980 d'autoriser Chakrabarty, un biologiste, à breveter un micro-organisme modifié par des techniques relevants du génie génétique marqua un tournant décisif. Cet arrêt procède en effet d'une nouvelle conception juridique de la nature, où une distinction est marquée entre produits de la nature et inventions humaines, et où la fonction des êtres vient à primer sur leur nature. Le droit américain s'oriente donc de manière évidente vers une conception instrumentale du vivant, et le droit européen, s'il conserve d'autres ouvertures, s'apprête largement à s'inscrire lui aussi dans cette lignée.
Les systèmes de pensée et de représentations dont découle le droit tel qu'il est actuellement pratiqué dans les pays industrialisés mériteraient des débats de fond. Par ailleurs, la diffusion des régimes juridiques occidentaux dans le monde entier pose elle aussi question, d'un point de vue économique et politique, mais aussi sociologique et philosophique.


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