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Conservation in-situ
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| Dans les sociétés traditionnelles, les populations humaines dépendent généralement directement du milieu naturel où elles vivent et des ressources qu'elles exploitent pour leur survie. C'est pourquoi il est naturel que se soient mises en place des règles, des normes sociales ou des pratiques de gestion permettant aux ressources de se régénérer. La chasse, la pêche, ou encore la culture de la terre représentent certes des moyens de subsistance, mais ces pratiques sont aussi couramment intégrées dans le tissu social de la communauté, par le biais de légendes, de connotations religieuses ou sacrées, de croyances, qui établissent des règles et des limites d'exploitation des ressources. La conservation d'une forêt, la protection d'une rivière ou d'un marécage, l'utilisation modérée de plantes médicinales sont ainsi incrits dans la relation des humains à leur environnement grâce à un complexe ensemble de pratiques et de savoirs indigènes. Il serait illusoire d'affirmer, cependant, que toutes les sociétés taditionnelles ont des modes de gestion des ressources totalement durables. Dans bien des cas, un certain seuil démographique a été atteint, et des pratiques autrefois durables ont cessé de l'être. La monétarisation d'une société, ou son intégration dans un ensemble national ou régional peuvent aussi créer des déséquilibres dans l'utilisation des ressources. Dans le contexte actuel, l'expression 'conservation in situ' réfère aussi à un mode de conservation programmé visant à pallier l'extinction d'espèces et de variétés. Cette récente interprétation se rapporte à la nécessité de sauvegarder des espèces animales ou végétales dans leur écosystème, de sorte qu'elles continuent d'évoluer avec leurs prédateurs et leurs parasites. La gestion participative est l'une des clés de la conservation in situ, dont le but n'est pas de conserver les gènes d'individus particuliers mais de favoriser les processus qui engendrent la diversité. Il est crucial de privilégier l'interaction dynamique des espèces avec leurs milieux, car celle-ci est source de diversité génétique. Par ailleurs, les savoirs paysans et leurs pratiques de sélection, d'échanges ou de culture jouent un rôle capital dans l'évolution de la diversité des plantes cultivées. Gérer ces ressources de façon durable signifie donc encourager ces pratiques paysannes, multiplier les efforts d'amélioration participative du matériel génétique local, promouvoir l'utilisation et la consommation des variétés locales, et encourager la production et la distribution de semences par les paysans eux-mêmes. La conservation des espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées est aussi important pour l'agriculture. Celle-ci peut être menée sur des aires protégées. Au-delà des préoccupations liées à l'agriculture, les zones protégées ont aussi un rôle à jouer dans la conservation des forêts, des végétaux et animaux suavages dont l'existence est menacée par diverses pressions sur l'environnement. La sauvegarde de ces espèces passe avant tout par la protection de leurs habitats. De même, la conservation des ressources aquatiques est-elle liée à la protection d'une grande variété d'écosystèmes aquatiques: réserves marines, estuaires, mangroves, lacs de montagne. Conserver ici et surexploiter là est un modèle voué à l'échec. C'est pourquoi les processus de conservation doivent être liés à une utilisation raisonnée et durable des ressources vivantes, qu'il s'agisse des ressources halieutiques ou forestières, des plantes vivrières ou médicinales. | |
Documents, liens :
Pionetti (Carine) Semences et savoirs en Inde - Diversités en péril : Enquête sur la biodiversité agricole, Editions Cultures Croisées, Paris, 1998, 131 p.
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Note d'information, Atelier International sur la gestion locale de la biodiversité en agriculture, mai 2000
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Fiches d'expérience :