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Espèces introduites
L'introduction d'espèces exogènes est intimement liée, dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage, à la substitution et à l'abandon de variétés ou de races locales, qui tendent alors à disparaître graduellement si aucun effort n'est entrepris pour les sauvegarder.
Les espèces introduites en milieu naturel peuvent, quant à elles, avoir un impact indésirable sur la faune et la flore sauvage.
Bien qu'une majorité des espèces accidentellement introduites s'éteignent peu de temps après cette migration fortuite, il arrive qu'elles s'installent dans une niche écologique et qu'elles déstabilisent la structure et le fonctionnement de l'écosystème local tout en accélèrant la disparition d'autres espèces. Les écosystèmes aquatiques sont particulièrement touchés par le problème des espèces introduites. Mentionnons simplement à titre d'exemple le cas préoccupant de l'algue Caulerpa toxifolia en Méditerranée ou l'invasion des cours d'eau nord-américains par la moule Dreissena polymorpha venue d'Europe en 1986. Dans un tout autre type d'écosystème, celui des îles Galapagos, la faune et la flore - qui est de nature largement endémique - serait aussi menacée par des espèces introduites. Nombre d'espèces d'oiseaux nichant dans ces îles ont disparu à cause d'espèces introduites (rats, serpents...).
L'introducion intentionnelle d'espèces est généralement pratiquée dans un but de lutte contre d'autres espèces, de production, ou de conservation. En agriculture, des espèces prédatrices d'insectes sont utilisées dans la lutte intégrée contre des espèces nuisibles. Même si cette méthode n'est appliquée qu'à l'échelle d'un champ ou d'une plantation, elle doit être maîtrisée et prendre en compte de nombreux facteurs écologiques. Si ces conditions ne sont pas respectées, l'introduction d'espèces peut aussi donner lieu à une érosion de la biodiversité locale. Ainsi, la truite arc-en-ciel introduite dans certains lacs des Pyrénées pour y relancer la pêche a-t-elle causé un recul d'une espèce endémique, l'euprocte de Pyrénées. Cet exemple illustre le problème de l'intervention humaine sur des écosystèmes dont on n'a pas recensé toutes les composantes ou dont on connaît mal le fonctionnement. Parmi ces interventions, l'introduction d'espèces peut entrainer des effets secondaires qui s'avérent indésirables et difficilement gérables.


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