| Monde vivant > |
|
Ressources génétiques
| |
| Parmi les milliers d'espèces animales et végétales que compte la Terre, un certain nombre sont utilisées par les humains à diverses fins. L'alimentation et l'agriculture sont, naturellement, les deux domaines principaux d'utilisation de la diversité biologique. Cependant, un bon nombre d'espèces sont aussi utilisées à des fins médicinales et industrielles. Si aux 5000 espèces de plantes utilisées dans l'alimentation humaine mondiale, l'on ajoute les plantes médicinales et les plantes de cueillette, on obtient le chiffre d'environ 12000 espèces végétales utiles, ce qui représente approximativement 5 % de la biodiversité végétale. Il convient de préciser, cependant, que 80 % de l'alimentation humaine repose sur 20 espèces cultivées, dont la variabilité génétique est à l'heure actuelle fortement menacée. Les ressources génétiques désignent aussi les espèces animales et les micro-organismes utilisés pour l'élevage, dans la production de matériaux divers ou l'élaboration de procédés industriels, dans la médecine. Cette catégorie reçoit cependant moins d'attention que les ressources phytogénétiques, bien que des moyens non-négligeables soient mis en oeuvre pour l'étude et l'amélioration génétique de certaines espèces domestiquées telles que le porc, le boeuf, le mouton, la chèvre ou la poule. Les ressources phytogénétiques sont, quant à elles, l'objet d'un intérêt international relativement soutenu depuis quelques années. Parmi ces ressources, l'on distingue les variétés locales (ou cultivars primitifs), les variétés cultivées actuelles (qui deviennent des 'cultivars obsolètes' lorsqu'elles sont retirées du marché ou des circuits de production), les lignées de sélection, désignant le matériel présélectionné issu du travail des améliorateurs, et enfin les formes sauvages ou adventices qui constituent en quelque sorte le réservoir de variabilité génétique des espèces cultivées. Depuis les années 50, les programmes d'amélioration des plantes, jusque là implantés principalement dans les nations industrialisées, ont proliféré dans les pays en voie de développement. Les nouvelles variétés ont remplacé, à grande échelle, les populations locales qui représent la source de variation nécessaire au développement futur de l'agriculture. Devant la perte irrémédiable de ces ressources, divers acteurs se sont mobilisés pour collecter et inventorier le matériel phytogénétique local par le biais des banques de gènes, et, plus récemment, pour lancer des programmes de conservation in situ de cette diversité. La participation des communautés rurales dans la gestion de ces ressources commence à émerger comme un élément incontournable. L'accès aux ressources génétiques est, par ailleurs, un enjeu économique de taille, car les espèces, et maintenant les gènes servent à développer une gamme de variétés, et de produits commercialisables. L'accès à ces ressources est de plus en plus fréquemment soumis à des droits de propriété, droits qui s'exercent au niveau des obtenteurs ou des firmes pour ce qui est des variétés nouvelles, mais qui restent très ténus dans le cas des cultivars locaux sélectionnés par les agriculteurs. Du contrôle des ressources génétiques dans les années et décennies à venir dépendront la gestion de la sécurité alimentaire et le maintien des ressources génétiques dans le domaine public. | |
Bibliographie :
Fiches d'expérience :