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Pratiques et savoirs indigènes/traditionnels
Diversité culturelle et diversité biologique sont indissociablement liés, comme le montre l'éventail de connaissances et de savoir-faire déployées par les populations rurales sur leurs ressources vivantes. Ces savoirs sont une sorte de passerelle jetée entre les humains et leur environnement naturel. S'ils ont pour la plupart été relégués dans une sphère du passé dans les pays industrialisés, ils ont gardé tout leur sens pour une grande partie de la population mondiale, celle dont la survie dépend directement de l'utilisation des ressources locales.
Les pratiques culturales traditionnelles sur lesquelles reposent l'agriculture paysanne, ont, bien qu'elles ne donnent pas lieu à des productions élevées, le mérite d'être adaptées aux conditions locales et de conserver les cultivars locaux. Aux diverses pratiques de gestion paysanne de la diversité s'additionnent des savoirs de toute sorte sur les plantes cultivées, la préservation des semences, le vannage du grain, ou encore l'utilisation de la récolte. Les femmes jouent généralement un rôle important dans la gestion de l'agrobiodiversité, et bon nombre de savoirs traditionnels sur les plantes sont transmis de mère en fille, comme c'est la cas dans certaines régions du Mali ou de l'Inde.
La gestion locale des forêts a elle aussi donné lieu à une vaste gamme de pratiques d'agroforesterie. Celle-ci désigne la gestion intégrée d'un domaine boisé et l'utilisation raisonnée des ressources forestières et agricoles. La coupe sélective permet la valorisation économique de certaines essences (bois précieux par exemple) tandis que d'autres espèces sont simplement entretenues et exploitées pour leur écorce, leur résine, leurs feuilles, leur fruit. Des essences choisies (arbres fruitiers majoritairement) sont plantées sur une zone de culture agricole de manière à apporter de l'ombrage par exemple. L'agroforêt permet de conserver jusqu'à 50 % de la biodiversité végétale de la forêt primaire.
Aux plantes médicinales aussi est associé un ensemble complexe de savoirs, dont beaucoup sont aujourd'hui à la dérive, même si les médecines traditionnelles restent très vivaces dans les campagnes des pays du sud. L'érosion de ces savoirs met en péril non seulement la diversité des plantes médicinales, mais aussi la capacité des populations à prendre en charge leur santé.
Un autre domaine où les pratiques indigènes représentent un facteur de gestion durable des ressources est la pêche artisanale. Reposant sur une base qualitative plutôt que quantitative, la pêche artisanale requiert une certaine connaissance des milieux et du comportement des organismes aquatiques. Elle implique un souci de conservation, souci qui n'est pas toujours partagé par les acteurs de la pêche industrielle bénéficiant de technologies plus sophistiquées, et donc d'une plus grande marge de manoeuvre.


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