Echanges entre paysans en Europe
Echanges paysans-boulangers, juin 2009
Renaissance de la biodiversité céréalière et savoir-faire paysans - Port Sainte Marie (47)
Objectifs des échanges
L'objectif principal est de renforcer les initiatives européennes autour de la gestion et valorisation des variétés paysannes de céréales (blé principalement, blé dur, maïs, seigle, épeautre, sarrasin), et plus précisément :
Echanger les expériences (paysans, chercheurs) autour de la conservation, le renouvellement et la gestion dynamique des variétés anciennes ou paysannes de céréales (blé principalement, blé dur, maïs, seigle, épeautre) ;
Echanger les savoir-faire européens autour de l'utilisation et la transformation des variétés paysannes de céréales qui se cultivent dans les fermes ;
Valoriser et diffuser ces expériences et savoir-faire au moyen de différents supports (brochures, film).
Valorisation des voyages d'échanges paysans, 2006-2007 : Italie, Espagne-Portugal, Roumanie-Hongrie, Bulgarie, 2007
"Promouvoir une agriculture paysanne écologique et solidaire en Europe" BEDE, 2008
Les politiques agricoles européennes soutiennent l'industrialisation de l'agriculture
provoquant exode rural et désertification des campagnes. Après des décennies de "modernisation",
le phénomène ne diminue pas.
Dans l'Union Européenne, aujourd'hui, une ferme disparaît chaque minute.
Parallèlement, la biodiversité agricole diminue aussi. Selon la FAO (Food and Agriculture
Organization), environ 75% de la diversité génétique des plantes agricoles auraient disparu
des champs au cours du XXe siècle.
La biodiversité cultivée est directement liée à la vitalité de la société rurale qui
l'entretient. C'est aussi ce que souligne un paysan de l'Association Quarantina qui
cultive une ancienne variété de pomme de terre dans les montagnes de la Ligurie (Italie)
"Avant de penser à conserver les variétés paysannes, il faut commencer par conserver les
paysans dans leur environnement !".
En réaction, une mobilisation s'est développée en Europe pour la renaissance des
semences paysannes et la conservation de la biodiversité à la ferme. La dynamique orientée
vers la protection et le développement d'un patrimoine vivant et culturel s'est construite
à partir des mouvements d'agriculture biologique et biodynamique et s'est amplifiée lorsque
les risques de contamination liés à la dissémination des plantes génétiquement modifiées
(PGM) sont devenus probants. La diminution, voire l'absence, des choix offerts par les
entreprises de semences adaptées à une agriculture biologique a contribué à convaincre de
nombreux petits agriculteurs de la nécessité de retrouver semences et savoirs perdus.
En 2006-2007, BEDE a organisé avec des paysans français des visites pour documenter cette
renaissance des semences paysannes dans plusieurs pays d'Europe. Le travail a été conduit
en collaboration avec douze organisations : de France (Réseau Semences Paysannes, Inf'OGM),
deBulgarie (Agrolink), d'Espagne ( Red de Semillas, EHNE, Asemblea Pagesa de Catalunya),
d'Italie (Rete Semi Rurali, Centre International Crocevia), du Portugal (Coher Para Semear),
de Roumanie (Federation National Agriculture Ecologique, InfOMG).
L'ensemble des échanges qui ont eu lieu au cours des voyages en Europe montre que la
conservation de la biodiversité cultivée n'est pas simple. Et la législation européenne
constitue clairement un obstacle à ce qui représente un enjeu fondamental pour l'avenir
de l'agriculture. Cependant, de nombreuses initiatives de conservation in-situ obtiennent
des résultats très positifs et permettent de valoriser les variétés locales et les pratiques
traditionnelles. La préservation de variétés anciennes peut devenir un atout pour l'agriculteur,
car c'est un moyen de diversifier et de valoriser son activité. Faire vivre la biodiversité
agricole peut permettre d'initier une nouvelle dynamique au sein du paysage rural européen.
Les voyages ont montré l'efficacité des organisations collectives pour la sauvegarde des
variétés anciennes, et la multiplication des partenariats entre institutions de conservation
ex-situ et paysans ne pourra qu'enrichir la gestion de la biodiversité cultivée. Plusieurs
chercheurs ont d'ailleurs manifesté leur ouverture et souhaitent accueillir des agriculteurs
au sein de leurs projets.
En travaillant sur la conservation à la ferme, les chercheurs tiennent ainsi aussi compte
des pratiques traditionnelles associées à ces semences.
"Promouvoir une agriculture paysanne écologique et solidaire en Europe", BEDE - 2008.
Brochure disponible en français, anglais, bulgare, espagnol, italien, portugais, roumain.
Elle est accompagnée d'un CD-rom comprenant : un ensemble d'articles de presse rendant compte
les voyages en Europe ; des textes législatifs concernant les semences, les OGM et les normes
sanitaires ; et un diaporama de photos.
Soutenu par la Fondation de France, la Fondation pour le Progrès de l'Homme et la Fondation Un Monde par Tous.
Les voyages d'échanges ont reçu le soutien du Programme Leonardo Da Vinci (UE).
Prix : 10 euros (+ frais de port) Commander / Acheter en ligne
Voyages d'échanges paysans, 2006-2007 : Italie, Espagne-Portugal, Roumanie-Hongrie, Bulgarie, 2007
Entre octobre 2006 et avril 2007, BEDE, en collaboration avec le Réseau Semences Paysannes
et Inf'OGM, a organisé des voyages d'échanges dans cinq pays européens : l'Espagne, le Portugal,
l'Italie, la Roumanie et la Bulgarie.
Ils ont permis à 30 paysans, formateurs et associatifs d'aller à la rencontre des
initiatives européennes impliquées autour de la biodiversité cultivée, des droits des
paysans et de la lutte contre les OGM. Ce projet soutenu par le programme d'appui à la
formation Leonardo da Vinci de l'Union européenne avait comme objectif principal de
consolider un réseau européen sur ces thématiques.
Echanges : Espagne-Portugal, Italie, Roumanie-Hongrie, Bulgarie.
La poursuite des échanges est aussi prévue tant sur le renforcement des
instruments d'information et de veille citoyenne sur les OGM que sur des projets relatifs
à la conservation de l'agrobiodiversité.
La série de voyages d'échanges en Europe vient de s'achever et les participants,
paysans et associations qui y ont participé ont tiré dans l'ensemble des bilans très positifs.
Les échanges ont permis de consolider des initiatives de groupes européens pour conserver l'agrobiodiversité en Europe. Des convergences apparaissent sur la législation européenne (droits collectifs des communautés rurales) mais également sur les programmes de sélection paysanne participative qui permettent d'envisager des stratégies communes.
Echanges paysans France-Roumanie, 2005
Une série d'initiatives ont été conduites en 2005 pour renforcer les solidarités
paysannes avec les paysans des pays de l'Est et en particulier en Roumanie.
BEDE a pris part au Groupe d'initiatives "Europe solidaire", et a organisé plusieurs
échanges de paysans du RSP en Roumanie et en Hongrie, comprenant des forums publics
sur les OGM et les semences dans plusieurs villes. D'autre part, BEDE a organisé la
visite de paysans roumains dans plusieurs régions en France à l'invitation des paysans
du RSP et de la Confédération paysanne. En collaboration avec le Groupe d'initiative et
le Groupe des Verts, BEDE a participé au débat organisé au Parlement européen en juin 2005
avec des représentants de Roumanie, Hongrie, Pologne et Bulgarie sur les OGM, les semences
et la PAC. Durant 5 mois, (d'avril à août 2005) Anne Berson, stagiaire BEDE, a réalisé
un diagnostic autour des pratiques paysannes, notamment sur la préservation des semences.
Ce travail a permis une meilleure compréhension de l'organisation du monde agricole ainsi
qu'une première vision de la perte de l'agrobiodiversité en Roumanie.
Dans le prolongement de ce travail, elle a réalisée une exposition photographique.
Si vous ne pouvez pas visualiser l'expo :
téléchargez flash player (gratuit)
Les principaux constats ont montré que le projet a permis l'établissement de relations entre la France et la Roumanie et des connexions Est-Est entre organisation roumaines, hongroises et bulgares. De nombreux acteurs ont exprimé leur volonté d'agir et leur souhait de participer aux suites du projet. Les paysans, les organisations syndicales ou de développement, associations de conservation de la biodiversité européens discutent ensemble pour créer un réseau de semences paysannes européen et engager des actions vis-à-vis de la protection des variétés locales, des filières biologiques et sans OGM, et l'établissement de solidarités paysannes, syndicales et citoyennes. La Roumanie a adopté un texte de loi interdisant la culture de soja GM à partir de janvier 2007.