Echanges entre paysans au Sahel
Voyage d'échanges "Semences de connaissance",
29 janvier au 12 février 2004 Mali, BEDE, Confédération Paysanne
BEDE et la Confédération Paysanne ont organisé une visite de paysans européens au Mali du 28 janvier au 12 février 2004 pour permettre un échange de connaissances avec les paysans maliens sur les OGM, les semences et l'agrobiodiversité.
La délégation était composée de douze paysan(ne)s représentant différentes organisations
(Confédération paysanne, Red de Semillas, Nature et Progrès, Fédération Nationale de
l'Agriculture Biologique, STOP OGM) venant de France, de Suisse, et d'Espagne, appuyée
par trois représentants de BEDE. Un paysan sénégalais de l'Association Sénégalaise des
Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP) s'est aussi joint à la délégation.
Elle s'est rendue dans quatre régions (Sikasso, Bamako, Kayes, Ségou) pour échanger avec
les paysans et participer à des forums publics importants, organisés par des organisations
paysannes et des ONG (Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes (URCAK),
Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP), AOPP, Afrique Verte, Centre Djoliba).
La délégation s'est également rendue à la station de Cinzana, financée par Syngenta pour discuter
avec les chercheurs.
Ces différents événements ont été relayés par une campagne d'information
à travers les radios locales. Une équipe de tournage et le réalisateur ivoirien,
Idriss Diabaté ont accompagné les paysans, et trois documentaires sont en cours de montage.
Ce voyage a permis d'échanger sur les enjeux des OGM avec la société civile malienne et
les paysans et de lancer un débat sur ce sujet dans le pays, mais il a aussi permis aux paysans
de souligner l'importance des semences paysannes comme alternative à la privatisation des
semences (OGM).
Télécharger le compte rendu
(4700 ko)
Echanges entre paysannes maliennes et françaises sur la conservation
des semences traditionnelles, 2005 - 2006
Suite au projet d'échanges au Mali de février 2004 et à la demande de l'Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes (URCAK) un projet de d'échanges sur la conservation et de multiplication de semences entre paysannes maliennes et françaises a été initié en mai 2005. Trois paysannes maliennes de l'URCAK (Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes) on été invitées par BEDE et des paysannes françaises en mai 2005.
Goundo Kamissoko, paysanne malienne de l'URCAK (Union Régionale des Coopératives Agricoles
de Kayes) et présidente du groupement des femmes de la Région de Kayes a été
accueillie par BEDE et deux paysannes françaises. Une seule des 3 paysannes maliennes qui
devaient effectuer ce voyage d'échanges a pu se rendre en France, le consulat de France au Mali
ayant refusé le visa de deux d'entre elles pour des raisons inconnues.
Après la visite de Goundo Kamissoko, deux paysannes françaises (Maryse Watremez,
productrice de semences bio, Saône et Loire et Anne Marie Lavaysse, viticultrice biodynamiste,
Hérault) et Nathalie Ramos de BEDE se sont rendues en novembre 2005 pour un séjour de deux semaines
à Kayes au Mali afin d'approfondir les échanges. Des visites se sont déroulées dans les villages de
Somankidi Koura, Fanguiné Coto, Kamankouli et Babala afin de rencontrer les groupements de femmes
pour discuter de l'importance de la conservation des semences locales. Aminata Dalo, agronome
avait auparavant réalisé une enquête sur les pratiques autour
des semences dans ces villages.
Les constats sur ces pratiques sont :
•La grande majorité des paysannes conservent et ressèment chaque année les semences locales de céréales de mil, de sorgho et de riz. Elles sont attachées à ces semences avec lesquelles ils ont de très bons résultats, elles sont utilisées depuis des générations et sont totalement adaptées aux conditions pédoclimatiques. Elles pratiquent une agriculture saine sans intrants chimiques, utilisant de la fumure et du compost.
•La plupart des paysannes utilisent par contre
des semences commerciales hybrides pour les potagères.
Elles ne reproduisent pas ces semences et les rachètent tous les ans.
Les légumes qu'elles appellent "modernes" c'est-à-dire les légumes qui sont
importés depuis quelques années, sont largement cultivés pour leur valeur sur le marché.
Les semences de ces légumes non traditionnels sont essentiellement des semences hybrides importées.
Les paysannes ont peu de connaissance sur la culture des ces potagères et elles les cultivent avec
le lot d'intrants chimiques qu'il est conseillé d'utiliser.
Les échanges ont permis de marquer l'importance de la conservation des semences
traditionnelles et de discuter des raisons de l'abandon des semences potagères locales.
Les paysannes françaises ont pu donner à leurs homologues maliennes des semences de potagères
anciennes qui pourraient s'adapter à leurs conditions pédoclimatiques.
A l'issue de la première année du projet, les paysannes rencontrées ont émis
la volonté de renforcer avant tout l'information et la sensibilisation en réalisant un atelier
sur la biodiversité qui réunirait les acteurs de la conservation de la biodiversité agricole.
Cet atelier s'est déroulé en décembre 2006 à Kayes.
Télécharger le compte rendu
(1200 ko)
Atelier "Les femmes font vivre la biodiversité en Afrique", décembre 2006, Kayes, Mali
Suite aux précédents voyages au Mali et aux échanges entre paysannes sur le thème de la préservation de l'agrobiodiversité locale, deux paysannes (Patricia Mathieu, productrice de semences bio, et Anne Marie Lavaysse, viticultrice biodynamiste) ainsi que Cécile Rousseau et Anne Berson de BEDE se sont rendues dans la région de Kayes du 11 au 22 décembre 2006 pour participer à un atelier d'échanges sur le rôle des femmes dans la préservation des semences locales et à des échanges avec les paysannes de l'Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes (URCAK). Le groupe a été reçu dans les villages de Babala et de Somankidi Coura, où les femmes ont notamment échangé semences de tomates et d'amandes contre graines de gombos variés.
L'atelier a réuni à Kayes pendant deux jours plus de soixante participants,
en grande majorité des paysannes venues de toute la région et même du Sénégal.
Il a fait le tour des expériences très riches en matière de préservation des semences
locales, celles menées au Mali par USC Canada en pays dogon par exemple, ou par Terre et
Humanisme qui met en place un centre de production de semences à Gao, ou encore au Sénégal
par le réseau semences du Sénégal (ASPSP) présent à l'atelier. Assétou Samaké, biologiste à
l'université et membre de la coalition d'ONG pour la promotion et la protection du patrimoine
génétique en Afrique (COPAGEN), a insisté sur les enjeux politiques de la préservation des
semences locales. Anne Berson, membre de BEDE, est restée bénévolement trois mois
sur place pour approfondir les liens et les projets futurs avec les collaborateurs maliens.
Pour clôturer cette expérience de deux ans de soutien à l'information sur la
conservation de l'agrobiodiversité par des femmes au Mali, une publication a été réalisée :
"les semences des paysannes au coeur de la souveraineté alimentaire".
Commander le livret
Prix : 5 euros
La tenue de l'atelier de Kayes, qui a fait suite à trois années d'échanges entre paysannes sur les semences, a réussi ses deux principaux objectifs : répondre à la demande d'information des paysannes sur la production de semences locales et mettre en lien les initiatives de gestion de la semence locale dans le reste du pays et de la sous-région.