Echanges entre paysans au Sahel
Echanges entre paysannes maliennes et françaises sur la conservation
des semences traditionnelles, 2005 - 2006
Suite au projet d'échanges au Mali de février 2004 et à la demande de l'Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes (URCAK) un projet de d'échanges sur la conservation et de multiplication de semences entre paysannes maliennes et françaises a été initié en mai 2005. Trois paysannes maliennes de l'URCAK (Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes) on été invitées par BEDE et des paysannes françaises en mai 2005.
Goundo Kamissoko, paysanne malienne de l'URCAK (Union Régionale des Coopératives Agricoles
de Kayes) et présidente du groupement des femmes de la Région de Kayes a été
accueillie par BEDE et deux paysannes françaises. Une seule des 3 paysannes maliennes qui
devaient effectuer ce voyage d'échanges a pu se rendre en France, le consulat de France au Mali
ayant refusé le visa de deux d'entre elles pour des raisons inconnues.
Après la visite de Goundo Kamissoko, deux paysannes françaises (Maryse Watremez,
productrice de semences bio, Saône et Loire et Anne Marie Lavaysse, viticultrice biodynamiste,
Hérault) et Nathalie Ramos de BEDE se sont rendues en novembre 2005 pour un séjour de deux semaines
à Kayes au Mali afin d'approfondir les échanges. Des visites se sont déroulées dans les villages de
Somankidi Koura, Fanguiné Coto, Kamankouli et Babala afin de rencontrer les groupements de femmes
pour discuter de l'importance de la conservation des semences locales. Aminata Dalo, agronome
avait auparavant réalisé une enquête sur les pratiques autour
des semences dans ces villages.
Les constats sur ces pratiques sont :
•La grande majorité des paysannes conservent et ressèment chaque année les semences locales de céréales de mil, de sorgho et de riz. Elles sont attachées à ces semences avec lesquelles ils ont de très bons résultats, elles sont utilisées depuis des générations et sont totalement adaptées aux conditions pédoclimatiques. Elles pratiquent une agriculture saine sans intrants chimiques, utilisant de la fumure et du compost.
•La plupart des paysannes utilisent par contre
des semences commerciales hybrides pour les potagères.
Elles ne reproduisent pas ces semences et les rachètent tous les ans.
Les légumes qu'elles appellent "modernes" c'est-à-dire les légumes qui sont
importés depuis quelques années, sont largement cultivés pour leur valeur sur le marché.
Les semences de ces légumes non traditionnels sont essentiellement des semences hybrides importées.
Les paysannes ont peu de connaissance sur la culture des ces potagères et elles les cultivent avec
le lot d'intrants chimiques qu'il est conseillé d'utiliser.
Les échanges ont permis de marquer l'importance de la conservation des semences
traditionnelles et de discuter des raisons de l'abandon des semences potagères locales.
Les paysannes françaises ont pu donner à leurs homologues maliennes des semences de potagères
anciennes qui pourraient s'adapter à leurs conditions pédoclimatiques.
A l'issue de la première année du projet, les paysannes rencontrées ont émis
la volonté de renforcer avant tout l'information et la sensibilisation en réalisant un atelier
sur la biodiversité qui réunirait les acteurs de la conservation de la biodiversité agricole.
Cet atelier s'est déroulé en décembre 2006 à Kayes.