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Echanges entre paysans : Thèmes

Echanges entre paysans au Sahel


Echange paysans sur recherche sur la sélection participative des céréales au Mali, novembre 2009, « La recherche agricole à l’épreuve de l’évaluation paysanne »


Rapport de l'échange : Les variétés améliorées ne sont pas toujours les meilleures

La recherche agricole à l'épreuve de l'évaluation paysanne en Afrique de l'Ouest
BEDE, décembre 2009 - En collaboration avec CNOP, COFERSA, IIED


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Avec le soutien du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), Misereor, Novib Oxfam et The Christensen Fund.


Treize paysans et paysannes de la sous-région qui avaient déjà participé à la foire sous régionale du Sénégal sont repartis ensemble en novembre 2009 en tournée au Mali pour faire une évaluation collective des programmes de recherche participative sur les céréales. Cette tournée a été organisée en lien avec la CNOP et la COFERSA. Les treize paysans et paysannes venaient du Mali, du Sénégal, du Togo et du Bénin, tous ayant une expérience dans la production de semences et pour une grande part en agro-écologie, ils étaient accompagnés par des paysans bio français de Bio d’Aquitaine, membre du Réseau Semences Paysannes. Le groupe a visité plusieurs stations expérimentales et essais villageois pour recueillir le témoignage des chercheurs, des techniciens, des ONG et des paysans.


Lorsqu’elle se préparait, cette initiative a croisé une autre initiative, conduite au niveau international par l’Institut international pour l’Environnement et le Développement (IIED), porté en Afrique de l’Ouest par un comité de portage malien1 et visant à créer un espace d’interpellation sur les orientations de la recherche agricole. En lien avec d’autres dynamiques semblables au niveau international, deux jurys citoyens ont été élaborés sur le thème « Démocratiser la gouvernance des systèmes alimentaires : les citoyens repensent la recherche agricole pour le bien public. » (http://ecid-nyeleni.org/). Ils se tiendront en janvier et février 2010. Le comité de pilotage a invité les agriculteurs et agricultrices du groupe à se constituer comme « témoins experts » pour donner leur avis au jury citoyen, au même titre que des universitaires et des chercheurs. La tournée d’échange sur la sélection participative est devenue ainsi un laboratoire pour une évaluation collective paysanne sur la recherche et la sélection des semences améliorées. BEDE a accompagné les paysans et les a soutenu pour la mise en valeur de leur témoignage en réalisant un power point sur leur expérience ainsi qu’un petit film de 10 minutes racontant leur tournée. Ces deux supports seront été diffusés lors des ECID.


Pour les paysans l’évaluation est sévère vis à vis des programmes de recherche en cours. Les chercheurs pensent qu'ils aident les paysans mais les paysans n'ont pas vu de résultats probants. Les variétés améliorées qu’on leur propose présentent plusieurs inconvénients. D’une part, les producteurs doivent renouveler les semences chaque année ou tous les deux ans. Ensuite, ils doivent acheter les intrants dont ne peuvent pas se passer les variétés améliorées, notamment des engrais qui finissent par dégrader les sols. Or, pour les paysans, la priorité est la fertilité des sols. Enfin, l’achat de ces intrants (semences et produits) qui sont chers les entraîne dans le processus de l’endettement.


« La recherche est dictée par le haut et c’est la base qui exécute, ce n'est pas participatif », constatent les paysans. Ce que les chercheurs pensent être une méthodologie participative ne l’est pas réellement car les paysans ne sont pas impliqués dans l’ensemble du processus. Si une collaboration se met en place, il faut qu’ils définissent ensemble qui doit faire quoi et dans quelles conditions et que tous les acteurs aient les mêmes informations. Que les chercheurs soient clairs et mettent leurs connaissances à la portée des paysans mais qu’ils reconnaissent aussi leurs savoirs et savoir-faire. Les objectifs doivent être choisis par les paysans et les protocoles de recherche doivent être traduits en langues locales et mis à disposition des personnes à la base.


Les paysans souhaitent aussi que la recherche prenne en compte des méthodes agroécologiques qu’ils emploient dans leurs champs.


Enfin, Ils encouragent les paysans, les ONG, les organisations paysannes, les collectivités et Etat à renforcer et valoriser les lieux déjà existants et mettre en place d’autres fermes agroécologiques qui puissent mettre en valeur le potentiel des variétés paysannes. Ces fermes serviront de lieux d’échanges et de transmission des connaissances par la démonstration et la formation, pour le maintien de la biodiversité et de la fertilité des sols ainsi qu’au renforcement de l’autonomie des paysans. Tout un programme ambitieux pour le projet « Terroirs sources » que BEDE continuera à appuyer.


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