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Soutien aux communautés paysannes en Algérie


En Algérie les montagnes humides et subhumides concentrent prés de 25% de la population. En crise depuis des décennies, les habitants s'exilent vers les cités voisines, de plus en plus tentaculaires et difficiles à gérer. Pourtant ces montagnes recèlent de richesses délaissées : une biodiversité variée qui s'érode dangereusement, d'importantes quantités d'eau qui se perdent dans les oueds et des jeunes en âge de travailler qui s'ennuient. Quelques tentatives d'innovations agricoles ont tenté d'imiter les systèmes de cultures de la plaine au lieu de s'appuyer sur les potentialités et les savoir-faire locaux. Les résultats ont été évidemment limités.

Des communautés paysannes menacées de disparition à Tazla et Tiniri (Ighil Ali, dans la Wilaya de Béjaia ont choisi une autre démarche. La première étape a été de réactiver la gestion communautaire de l'eau.

Tazla et Tiniri dans les Bibans

Suite aux ateliers sur la gestion de l'eau, BEDE s'est engagé à soutenir dans son projet d'intégration économique et sociale.


BEDE a organisé en mars 2007 une mission de concertation dans la région, qui a été suivie par deux membres de l'Association des Anciens Appelés d'Algérie Contre la Guerre qui soutient le village. La rencontre des bailleurs avec la communauté a permis de clarifier les objectifs et les attentes mutuelles. Ce fut également l'occasion d'identifier des besoins que l'Association des Anciens peut directement appuyer grâce au vivier d'expériences que constituent ses membres.


L'association accompagne les projets d'une famille élargie du village de Tiniri et celui de la communauté villageoise de Tazla composées d'une vingtaine de foyers. L'objectif des participants est d'améliorer leurs conditions de vie sans avoir à déserter leur montagne.
La famille de Tiniri a choisi d'utiliser les excédents d'eau hivernaux pour irriguer une figueraie et une vigne qui sera conduite en pergola. 130 figuiers d'origines locales ont déjà été plantés en mars 2007. Une pépinière a été créée pour multiplier des variétés locales de raisin de table qui seront plantées en 2008.


A Tazla, la lutte contre les pertes d'eau reste une priorité. BEDE a fourni en mars 2007 le matériel nécessaire pour équiper une deuxième source d'une conduite étanche de 600 m, ce qui a permis de récupérer une perte de 62 m3/jour tout en amenant l'irrigation vers des parcelles jusque là non irriguées. Suite au potentiel d'eau supplémentaire mobilisé grâce à l'aménagement de cette source et de la précédente, la communauté a décidé d'étendre ses plantations. Une pépinière commune a été installée chez l'un des villageois.
Le projet pluriannuel de Tazla est en cours de consolidation. La communauté s'est organisée en association pour disposer d'un cadre de concertation. Les discussions se poursuivent actuellement sur les projets individuels et les projets communs. Les porteurs de projets individuels identiques pensent s'organiser par affinités en petits groupes d'intérêts communs pour mutualiser les coûts et augmenter leurs performances.


Les paysans ont souhaité produire pour le marché avec les espèces et variétés de leur propre terroir. Des plantations de variétés locales de figuier, raisin de table, pécher et grenadier ont été réalisées. De nouvelles surfaces ont été consacrées aux espèces potagères locales très appréciées sur les marchés voisins.
Cette dynamique a conduit la communauté à se structurer en association et à réactiver les mécanismes sociaux traditionnels. Après de larges débats, un programme de développement consensuel a été adopté, ce qui a convaincu des organisations de solidarité de soutenir l'acquisition d'un microbus scolaire, car l'absence d'école est la première cause d'éxode. Revitalisé, par ces nouveaux moyens, l'association est allée défendre son projet auprès des services publics et a obtenu le financement d'infrastructures villageoises.
L'exode n'est plus inéluctable. Bien au contraire, rassurés de disposer d'un transport scolaire et d'eau pour l'irrigation, certains migrants malheureux envisageraient de revenir. L'exemple se propage, à Belayel, village voisin, une association vient d'être créée, pour bâtir un programme similaire.



Voir le programme de développement de Tazla (780 ko)


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