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Se mobiliser autour de la biodiversité cultivée : thèmes

Mécanismes financiers


Quel financement pour la biodiversité cultivée ?

Aujourd'hui, des ressources financières gigantesques vont renforcer les monocultures génétiquement uniformes qui sont à la base d'un système alimentaire mondial, toujours plus centralisé, industrialisé et non durable. Le résultat est que les paysans sont en train d'être dépouillés de leur patrimoine culturel et semencier, ainsi que de leurs droits fondamentaux et de leur mode de vie.


Il existe cependant une vague croissante de résistance à la destruction du contrôle collectif sur la biodiversité. Une multitude de groupes, de communautés et d'individus pionniers luttent avec très peu d'appuis et à des niveaux différents dans les champs, en développant une autre recherche, en créant des marchés de proximité, ou encore en plaidant pour des changements de politiques. Ils résistent au modèle industriel global alimentaire, en promouvant la biodiversité locale qui soutient l'histoire, la culture et l'adaptabilité des systèmes nourriciers. Avec la terre et l'eau, cette biodiversité est au cœur de la souveraineté alimentaire des populations.


Or, ce travail est souvent invisible, éparpillé, réalisé à petite échelle. De nombreux observateurs constatent que les communautés locales qui entretiennent la biodiversité agricole et alimentaire, tout comme les autres groupes marginalisés de la planète qui luttent pour les droits humains et défendent l'équilibre des écosystèmes à travers des activités socio-environnementales, parviennent difficilement à avoir accès à des financements pour soutenir leurs actions.


BEDE a conduit, en collaboration avec GRAIN, une étude pour préciser les contraintes dans l'accès aux financements qu'affrontent les groupes locaux et pour proposer des mécanismes de financements adaptés à leurs besoins. Au cours des enquêtes effectuées auprès des intéressés, on constate que les principales difficultés évoquées sont l'isolement des groupes par rapport aux centres de décision urbains, le contrôle contraignant des gouvernements, ainsi que les procédures et conditionnalités exigées par les bailleurs de fonds et la vision à court terme des projets financés. Les besoins portent sur l'accès à l'information sur les mécanismes et les procédures de financement comme sur une meilleure communication vers l'extérieur des expériences réalisées par les communautés. Les questions de construction des capacités, en particulier pour la représentation et la coordination des projets, se doublent souvent d'un besoin urgent de développer des stratégies de plaidoyers pour contrer des initiatives privées ou des mesures gouvernementales qui menacent la biodiversité qu'elles entretiennent et dont elles sont dépendantes.


L'étude montre que dans le domaine du soutien à la gestion locale et au contrôle de la biodiversité agricole il y a peu à attendre aujourd'hui des gouvernements et des gros mécanismes intergouvernementaux existants, qui ont peu de capacité dans la gestion de petits fonds et aucune en matière de mécanisme participatif. Il existe cependant des initiatives d'ONG et de fondations qui offrent des expériences utiles et approchantes pouvant servir de sources d'inspiration pour la création d'un nouveau mécanisme indépendant plus spécifique destiné à soutenir les actions des communautés de base en faveur de la biodiversité agricole.


L'étude sera téléchargeable prochainement.