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Se mobiliser autour de la biodiversité cultivée : thèmes

Mécanismes financiers


Etude pour la mise en place d'un mécanisme financier indépendant pour le développement des recherches et de la formation sur les approches globales du vivant

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La vision mécaniste du vivant a conduit la recherche à des approches fragmentaires, tant en terme d'analyse et d'identification des problèmes à résoudre que sur la façon de les résoudre. On a ainsi abandonné les visions plus globalisantes ou analogiques pour passer en quelques décennies d'une amélioration progressive du système paysan par un comportement d'essai-erreur global, à une amélioration des parties du système (avec des entrées monothématiques : création variétale répondant à des intrants, par exemple), la caricature étant de vouloir changer un gène pour améliorer un système global.


Malheureusement, le paradigme dominant, analytique et réductionniste, conditionne les financements octroyés pour la recherche sur le vivant. Il permet en outre un découpage en briques élémentaires facilitant l'appropriation privée par brevet. Aussi il est ainsi bien difficile de se revendiquer d'une "approche système" pour obtenir des fonds qu'ils soient nationaux ou européens. On peut alors analyser le "retard" des recherches globales (systémiques, holistiques) sur le vivant à l'aune du peu d'intérêt qu'en ont les bailleurs potentiels, publics notamment.


Faire décoller ces recherches serait pourtant salutaire, tant pour la compréhension du vivant, l'intégration de la diversité dans nos modes de connaissance, et aussi pour créer un effet d'entraînement qui permettrait de démontrer le bien-fondé de ces approches, et donc de réorienter progressivement la recherche publique vers de nouveaux paradigmes. Mais pour que ces recherches voient le jour, il faut bien souvent qu'elles aient trouvé des sources de financement. Il faut donc amorcer la pompe !


C'est là l'objet de cette étude de faisabilité menée conjointement par GEYSER et BEDE pour la mise en place d'un mécanisme approprié pour financer ce type de recherches globales sur le vivant, différentes et complémentaires des actuelles approches analytiques.


L'étude explore plusieurs pistes pour le montage du mécanisme financier en cherchant à répondre aux questions : faut-il s'appuyer sur des structures et programmes de recherches existants, sans prétendre monter de structures spécifiques ? Faut-il au contraire monter une structure spécifique pour recueillir des fonds ? Et si oui, sous quelle forme ? Le statut de Fondation est-il adapté ? Et si oui, lequel choisir (fondation d'utilité publique ? de recherche ? de coopération scientifique ?…). Comment et où aller chercher les fonds ? Comment communiquer vis-à-vis de l'extérieur ? Comment gérer ces fonds ? et quel budget estimatif prévoir pour les premières années de fonctionnement ? Des propositions chiffrées sont avancées.
Nous avons été accompagnés, au cours de cette étude, par un "groupe d'intérêt" composé d'associations, d'entreprises et de chercheurs, souhaitant la mise en place d'une Université du Vivant. C'est donc tout naturellement que les conclusions préliminaires de cette étude leur ont été présentées.


Extrait du document d'intention de juin 2008 "…/ L'Université du Vivant (UV) est un espace d'échanges, de recherche et de formation ayant pour vocation de contribuer au :
• au développement de connaissances s'intéressant à la nature spécifique du vivant en établissant les bases épistémologiques et expérimentales.
La prise en compte d'inspirations diverses notamment spiritualiste et matérialiste est au cœur de la démarche ;
• au partage, à l'échange, l'accueil et l'appui pour une recherche autonome, indépendante, en privilégiant une co-construction plurielle et participative des savoirs ;
• au développement de principes éthiques d'action, d'orientation et de conseil, en respectant la liberté et l'éthique d'une démarche autonome des chercheurs…. "


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Référence : Robert Ali Brac de la Perrière (BEDE) et Frédéric Prat (GEYSER), 2008


Quel financement pour la biodiversité cultivée ?

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Aujourd'hui, des ressources financières gigantesques vont renforcer les monocultures génétiquement uniformes qui sont à la base d'un système alimentaire mondial, toujours plus centralisé, industrialisé et non durable. Le résultat est que les paysans sont en train d'être dépouillés de leur patrimoine culturel et semencier, ainsi que de leurs droits fondamentaux et de leur mode de vie.


Il existe cependant une vague croissante de résistance à la destruction du contrôle collectif sur la biodiversité. Une multitude de groupes, de communautés et d'individus pionniers luttent avec très peu d'appuis et à des niveaux différents dans les champs, en développant une autre recherche, en créant des marchés de proximité, ou encore en plaidant pour des changements de politiques. Ils résistent au modèle industriel global alimentaire, en promouvant la biodiversité locale qui soutient l'histoire, la culture et l'adaptabilité des systèmes nourriciers. Avec la terre et l'eau, cette biodiversité est au cœur de la souveraineté alimentaire des populations.


Or, ce travail est souvent invisible, éparpillé, réalisé à petite échelle. De nombreux observateurs constatent que les communautés locales qui entretiennent la biodiversité agricole et alimentaire, tout comme les autres groupes marginalisés de la planète qui luttent pour les droits humains et défendent l'équilibre des écosystèmes à travers des activités socio-environnementales, parviennent difficilement à avoir accès à des financements pour soutenir leurs actions.


BEDE a conduit, en collaboration avec GRAIN, une étude pour préciser les contraintes dans l'accès aux financements qu'affrontent les groupes locaux et pour proposer des mécanismes de financements adaptés à leurs besoins. Au cours des enquêtes effectuées auprès des intéressés, on constate que les principales difficultés évoquées sont l'isolement des groupes par rapport aux centres de décision urbains, le contrôle contraignant des gouvernements, ainsi que les procédures et conditionnalités exigées par les bailleurs de fonds et la vision à court terme des projets financés. Les besoins portent sur l'accès à l'information sur les mécanismes et les procédures de financement comme sur une meilleure communication vers l'extérieur des expériences réalisées par les communautés. Les questions de construction des capacités, en particulier pour la représentation et la coordination des projets, se doublent souvent d'un besoin urgent de développer des stratégies de plaidoyers pour contrer des initiatives privées ou des mesures gouvernementales qui menacent la biodiversité qu'elles entretiennent et dont elles sont dépendantes.


L'étude montre que dans le domaine du soutien à la gestion locale et au contrôle de la biodiversité agricole il y a peu à attendre aujourd'hui des gouvernements et des gros mécanismes intergouvernementaux existants, qui ont peu de capacité dans la gestion de petits fonds et aucune en matière de mécanisme participatif. Il existe cependant des initiatives d'ONG et de fondations qui offrent des expériences utiles et approchantes pouvant servir de sources d'inspiration pour la création d'un nouveau mécanisme indépendant plus spécifique destiné à soutenir les actions des communautés de base en faveur de la biodiversité agricole.


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Référence : Étude de faisabilité d’un mécanisme de financement international destiné à soutenir les actions des communautés locales en faveur de la biodiversité agricole - BEDE, GRAIN, 2007


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