Privatisation des semences en Afrique de l'ouest
Atelier "Privatisation des semences : quelle souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest?"
Bamako, Mali, février 2007
Télécharger la déclaration de Bamako
En février 2007, la Coordination des Organisations Paysannes du Mali (CNOP) avec BEDE et
l'Institut international pour l'Environnement et le Développement (IIED) a réuni pendant 5
jours une cinquantaine de paysans, membres d'associations et personnes ressources de 16 pays
de quatre continents. Cet atelier d'échanges paysans s'est organisé à Bamako en amont du
"Forum mondial sur la souveraineté alimentaire Nyéléni 2007" pour laisser un large espace de
discussion aux paysans sur la problématique de la privatisation des semences. Il s'adressait
en premier lieu aux paysans d'Afrique de l'Ouest et a largement été enrichi par la participation
de groupes de paysans d'Inde, d'Iran, du Pérou, d'Indonésie, de Tunisie, d'Algérie et de France.
Pour commencer, différents témoignages ont tiré la sonnette d'alarme et ont dénoncé par des
cas concrets les travers de la privatisation du vivant : le biopiratage, les contaminations
des cultures par les OGM ou encore l'interdiction de cultiver des variétés locales.
Ces témoignages sont venus illustrer l'exposition et l'analyse de la loi semencière
sous-régionale et des règles qui régissent les droits de propriété intellectuelle (loi UPOV,
accords de Bangui révisés). Nombre de participants étaient loin de s'imaginer à quel point la
machine de l'appropriation et de l'uniformisation du vivant était en marche. Après deux jours,
les échanges se sont ouvert sur les alternatives positives et les innovations développées par
les communautés rurales : reconquête de l'autonomie semencière en Andhra Pradesh, approche
holistique de systèmes agraires péruviens et droits collectifs au Pérou, initiatives de
collections vivantes et de sélection participative en France, registre collectif des variétés
locales et banques communautaires de semences. Au centre Djoliba, haut lieu de la démocratie
malienne, le groupe a donné une conférence de presse suite à la diffusion du film réalisé par
Idrissa Diabaté sur l'Espace Citoyen d'Interpellation Démocratique de Sikasso-Mali
("Sénékelaw ka kuma", Paroles de paysans).
A l'issue de cette rencontre qui a confirmé
l'importance de diffuser l'information à la base, les participants ont mandaté des représentants
au forum de Nyéléni qui, forts des cinq jours d'échanges intenses, ont pu participer
aux débats et diffuser la
déclaration de Bamako "Semences paysannes, fondement de la
souveraineté alimentaire en Afrique".
Un document multimédia émanant de l'atelier est en cours
d'élaboration et sera disponible fin 2008.
L'atelier, qui a réuni une cinquantaine de paysans d'Afrique de l'Ouest, a permis aux
participants africains notamment de comprendre l'importance des enjeux autour de la privatisation
des semences en analysant et en prenant connaissance des lois internationales et des traités qui
régulent l'accès aux semences.
Il est la première pierre d'un travail de renforcement des capacités d'information et
de négociations pour les paysans sur cette question en Afrique de l'ouest.
Prix : 15 euros
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