Privatisation des semences en Afrique de l'ouest
Les nouveaux accords de l'OAPI favorisent la biopiraterie des variétés paysannes
En Avril 2009, la Coordination Nationale de la Plate Forme Paysanne du Niger et les organisations membre de la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN) Niger, ont lancé une campagne pour dénoncer la demande d'un droit d'obtention végétale pour la variété d'oignon "violet de Galmi" par la firme privée Tropicasem (filiale de la société semencière française Technisem), auprès de l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI).
Compte rendu de l'atelier "Privatisation des semences : quelle souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest?"
"Semences paysannes, fondement de la souveraineté alimentaire en Afrique"
CNOP, BEDE, IIED - août 2008
La crise alimentaire surgit partout dans le monde et les mouvements de la société
civile réclament des gouvernements qu'ils déclarent un état d'urgence. Les causes de cette
crise sont connues et dénoncées depuis de longues années par les organisations paysannes
et citoyennes. Une des causes est la perte de l'autonomie des paysans dans leurs choix
agricoles et alimentaires. La privatisation des semences, qui crée une dépendance accrue
aux variétés du commerce, non adaptées ou non reproductibles comme les hybrides, fait
partie du problème. Les institutions internationales et les gouvernements qui ont soutenu
pendant de longues années des politiques agricoles "visionnaires" de cultures d'exportation,
tout en inondant les marchés locaux d'aliments importés, issus de cultures industrielles
subventionnées, commencent timidement à se rendre à l'évidence que la sécurité alimentaire
des campagnes passe par des agricultures familiales vivrières vivantes. Des solutions
libérales à la crise sont proposées, favorisant le secteur privé à travers des programmes
ambitieux comme celui de l'Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA) qui inclut
la large diffusion des semences "améliorées" par la recherche et nécessitant plus d'engrais
et de pesticides. Ces fausses solutions ne sont pas nouvelles, elles répèteront les échecs
historiques des révolutions technologiques qui ont contribué à la tragédie de la perte de
la biodiversité locale, des savoirs associés et finalement à l'éviction des communautés
paysannes du contrôle de leur nourriture.
Des éléments pouvant contribuer à élaborer une politique plus appropriée en matière de
semences ont été proposés lors des échanges de l'atelier international sur la privatisation
des semences de Bamako organisé en février 2007 par la Coordination Nationale des
Organisations Paysannes du Mali avec la collaboration des organisations européennes
BEDE et IIED. Organisé comme événement préparatoire au Forum international sur la
souveraineté alimentaire de Nyéléni, l'atelier a réuni des membres d'organisations
paysannes de 17 pays, principalement d'Afrique de l'Ouest, mais également d'Asie,
d'Amérique Latine et d'Europe, avec un double objectif :
1/ Essayer de mieux comprendre comment est confisqué aux paysans leur droit de conserver et de ressemer leurs semences
par le biais des réglementations et des lois ;
2/ Proposer des instruments collectifs pour renforcer les droits et le contrôle des
paysans et paysannes sur leurs semences.
Le compte-rendu publié dans une brochure en français et en anglais, illustre et justifie
les points principaux de la Déclaration finale de l'atelier international sur la
privatisation des semences, en reprenant l'essentiel des communications des participants.
Conçu comme un outil de communication pour une large diffusion de l'information et des
débats, le document écrit est complété par un CD qui permet d'accéder en détails aux
échanges de l'atelier, avec des enregistrements audio des interventions, des présentations
de diaporamas et des séquences vidéo. Des documents de fonds sont également archivés.
Une pluralité d'initiatives de communautés locales et de réseaux d'organisations sont
mises en valeur, plaçant la semence paysanne au coeur du dispositif de souveraineté
alimentaire.
"Semences paysannes, fondement de la souveraineté alimentaire en Afrique" CNOP, BEDE, IIED - août 2008.
Document disponible en français et en anglais.
Avec le soutien de : AFVP Mali, DDC Mali (Coopération Suisse), DGIS (Coopération
Néerlandaise), MISEREOR, OXFAM-Novib
Prix : 7 euros (+ frais de port) Commander / Acheter en ligne
Télécharger le document multimédia (480 Mo) / Télécharger le livret en pdf
Lamine Biaye, président de l'ASPSP - Association Sénégalaise des Producteurs de Semences Paysannes - et Abdoulaye Sarr, président de PRABIOC - Praticien Bio Conseil - pour l'agroécologie au Sénégal ont été invités à se rendre en mai 2008 à Bonn pour participer à la rencontre Planète Diversité, Forum citoyen en marge des négociations de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. Chemin faisant pour l'Allemagne, les représentants sénégalais se sont arrêtés à Montpellier, d'où ils ont été accompagnés par BEDE pour visiter plusieurs expériences paysannes du grand sud de la France sur des sujets qui intéressent leurs systèmes agricoles : gestion de la biodiversité cultivée, production et diffusion de semences, notamment les semences potagères, apiculture, valorisation des produits issus de l'agro-écologie par la transformation et les circuits courts de commercialisation, gestion de l'eau, de l'énergie solaire... Un carnet de voyage et un petit montage vidéo sont en cours de réalisation. Télécharger le carnet de voyage
Atelier "Privatisation des semences : quelle souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest?"
Bamako, Mali, février 2007
Télécharger la déclaration de Bamako
En février 2007, la Coordination des Organisations Paysannes du Mali (CNOP) avec BEDE et
l'Institut international pour l'Environnement et le Développement (IIED) a réuni pendant 5
jours une cinquantaine de paysans, membres d'associations et personnes ressources de 16 pays
de quatre continents. Cet atelier d'échanges paysans s'est organisé à Bamako en amont du
"Forum mondial sur la souveraineté alimentaire Nyéléni 2007" pour laisser un large espace de
discussion aux paysans sur la problématique de la privatisation des semences. Il s'adressait
en premier lieu aux paysans d'Afrique de l'Ouest et a largement été enrichi par la participation
de groupes de paysans d'Inde, d'Iran, du Pérou, d'Indonésie, de Tunisie, d'Algérie et de France.
Pour commencer, différents témoignages ont tiré la sonnette d'alarme et ont dénoncé par des
cas concrets les travers de la privatisation du vivant : le biopiratage, les contaminations
des cultures par les OGM ou encore l'interdiction de cultiver des variétés locales.
Ces témoignages sont venus illustrer l'exposition et l'analyse de la loi semencière
sous-régionale et des règles qui régissent les droits de propriété intellectuelle (loi UPOV,
accords de Bangui révisés). Nombre de participants étaient loin de s'imaginer à quel point la
machine de l'appropriation et de l'uniformisation du vivant était en marche. Après deux jours,
les échanges se sont ouvert sur les alternatives positives et les innovations développées par
les communautés rurales : reconquête de l'autonomie semencière en Andhra Pradesh, approche
holistique de systèmes agraires péruviens et droits collectifs au Pérou, initiatives de
collections vivantes et de sélection participative en France, registre collectif des variétés
locales et banques communautaires de semences. Au centre Djoliba, haut lieu de la démocratie
malienne, le groupe a donné une conférence de presse suite à la diffusion du film réalisé par
Idrissa Diabaté sur l'Espace Citoyen d'Interpellation Démocratique de Sikasso-Mali
("Sénékelaw ka kuma", Paroles de paysans).
A l'issue de cette rencontre qui a confirmé
l'importance de diffuser l'information à la base, les participants ont mandaté des représentants
au forum de Nyéléni qui, forts des cinq jours d'échanges intenses, ont pu participer
aux débats et diffuser la
déclaration de Bamako "Semences paysannes, fondement de la
souveraineté alimentaire en Afrique".
Un document multimédia émanant de l'atelier est en cours
d'élaboration et sera disponible fin 2008.
L'atelier, qui a réuni une cinquantaine de paysans d'Afrique de l'Ouest, a permis aux
participants africains notamment de comprendre l'importance des enjeux autour de la privatisation
des semences en analysant et en prenant connaissance des lois internationales et des traités qui
régulent l'accès aux semences.
Il est la première pierre d'un travail de renforcement des capacités d'information et
de négociations pour les paysans sur cette question en Afrique de l'ouest.
Prix : 15 euros
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