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Nouvelles de BEDE : thèmes abordés

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Les nouvelles de BEDE, printemps 2009


édito

"Que notre souveraineté ne soit pas celle du lézard qui avale l’abeille !"
Tel est le résumé du verdict des femmes au jury citoyen de l’ECID sur le thème de la gouvernance de la recherche en agriculture et alimentation.
Renouer avec des mécanismes de démocratie directe, voilà l’objectif fondamental des Espaces d’Interpellation Démocratique. Le principe est simple. Imaginez en quelque sorte un tribunal où on juge la gouvernance de la recherche agricole et ses orientations. Des spécialistes témoignent de leurs approches et visions de l’agriculture et des systèmes alimentaires liées de fait à différentes visions économiques et de société. Ils sont ensuite interpellés par le jury qui, composé de citoyens ayant un lien direct avec les systèmes alimentaires, doit à l’issue du processus formuler son verdict en fonction de ses propres perceptions.
BEDE a participé cette fois-ci à la préparation des jurys qui se sont déroulés en janvier et février 2010, intitulés «Démocratiser la gouvernance des systèmes alimentaires : les citoyens repensent la recherche agricole pour le bien public», en amenant une innovation importante à la méthodologie.
Pour cette préparation, l’association a accompagné en novembre 2009 un groupe de treize paysannes et paysans à travers le sud du Mali pour qu’ils dialoguent avec des chercheurs et des producteurs sur les méthodes de sélection des semences. Après avoir élaboré une analyse collective de leurs observations, le groupe a désigné quatre d’entre eux pour les représenter comme témoins experts à l’Espace d’Interpellation Démocratique qui s’est déroulé sur le site de Nyéléni. C’est à Nyéléni que trois ans plus tôt avait eu lieu le forum international sur la souveraineté alimentaire, principe qui a été réaffirmé par les jurys citoyens de cet ECID. Les paysannes et paysans ont élaboré un cahier de route pour les chercheurs, les décideurs et les organisations paysannes, exprimant leur volonté de maintenir et de développer une agriculture paysanne diversifiée, saine et autonome, avec une recherche qui ne serait plus dictée par les intérêts extérieurs mais par et pour une agriculture paysanne souveraine.


La recherche agricole à l’épreuve de l’évaluation paysanne


Ils étaient quatre à parler pour le groupe de paysans, témoins experts aux deux jurys citoyens sur la gouvernance de la recherche qui se sont déroulés en janvier et février 2010 à Sélingué au Mali : Francesca de l’Association sénégalaise de producteurs de semences paysanne, Koro de la Coopérative des producteurs de semences améliorées de Sikasso, Omer du syndicat Synergie paysanne du Bénin et Ousmane de l’Union régionale des coopératives agricoles de Kayes. Deux femmes, deux hommes, qui ont représenté avec brio l’important travail d’évaluation collective paysanne sur la recherche et la sélection des semences améliorées qui a été construite au cours d’une tournée organisée en novembre 2009 par BEDE, avec l’appui de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP) et de la Convergence des Femmes Rurales pour la Souveraineté Alimentaire (COFERSA) du Mali.
Le témoignage élaboré par un groupe d’une dizaine de paysannes et paysans d’Afrique de l’Ouest et deux paysans semenciers de Bio d’Aquitaine, est sévère pour la recherche participative mais riche en propositions : «Si la recherche accepte une réelle participation constructive des paysans, il y aura beaucoup de travail et de pistes de recherche, y compris dans la conception des outils nécessaires à la transmission et à la diffusion des savoirs et savoir-faire paysans».
En effet, pour les paysans, le constat d’échec de la recherche est patent. Les chercheurs pensent qu’ils aident les paysans mais les paysans n’ont pas vu de résultats. De plus, les variétés améliorées qu’on leur propose présentent plusieurs inconvénients. D’une part, les producteurs doivent renouveler les semences chaque année ou tous les deux ans. Ensuite, ils doivent acheter les intrants dont ne peuvent pas se passer les variétés améliorées, notamment des engrais qui finissent par dégrader les sols. Or, pour les paysans, la priorité est la fertilité des sols. Enfin, l’achat de ces intrants (semences et produits) qui sont chers les entraîne dans le processus de l’endettement.
De plus, «La recherche est dictée par le haut et c’est la base qui exécute, ce n’est pas participatif», constatent les paysans. Ce que les chercheurs pensent être une méthodologie participative ne l’est pas réellement car les paysans ne sont pas impliqués dans l’ensemble du processus. Si une collaboration se met en place, il faut qu’ils définissent ensemble qui doit faire quoi et dans quelles conditions et que tous les acteurs aient les mêmes informations. Que les chercheurs soient clairs et mettent leurs connaissances à la portée des paysans mais qu’ils reconnaissent aussi leurs savoirs et savoir-faire. Les objectifs doivent être choisis par les paysans et les protocoles de recherche doivent être traduits en langues locales et mis à disposition des gens à la base.
Les paysans veulent aussi proposer à la recherche les méthodes agroécologiques qu’ils emploient dans leurs champs. Ils souhaitent renforcer et valoriser les lieux déjà existants et mettre en place d’autres fermes agroécologiques qui puissent mettre en valeur le potentiel des variétés paysannes. Ces fermes serviront de lieux d’échanges et de transmission des connaissances par la démonstration et la formation, pour le maintien de la biodiversité et de la fertilité des sols ainsi qu’au renforcement de l’autonomie des paysans. Tout un programme ambitieux pour le projet “Terroirs sources” de BEDE.

Référence : “Les variétés améliorées ne sont pas toujours les meilleures : la recherche agricole à l’épreuve de l’évaluation paysanne”
Rapport narratif de la préparation du témoignage des paysans au jury citoyen de l’ECID, “Démocratiser la gouvernance des systèmes alimentaires : les citoyens repensent la recherche agricole pour le bien public.”
BEDE, en collaboration avec CNOP/COFERSA/IIED, décembre 2009

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Les collaboration de BEDE


Avec le Réseau Semences Paysannes

Cultivons la Biodiversité : les semences paysannes en réseau

Le dernier ouvrage collectif publié par le Réseau Semences Paysannes, avec qui BEDE collabore comme membre adminsitrateur depuis sa création en 2003.
Le RSP préserve activement en France tout ce qui peut encore l’être en matière de variétés végétales, de savoirs et de savoir-faire. Dans cette brochure, le réseau présente les objectifs autour desquels se sont rassemblés les hommes et les femmes qui le font vivre, venus d’horizons très différents, les grands thèmes sur lesquels ils ont travaillé depuis sa naissance et les activités qu’ils ont organisées depuis. Cet ouvrage invite les lecteurs à découvrir ces missions, à comprendre ou approfondir leurs connaissances des semences paysannes et à jouer un rôle dans le renouvellement de la biodiversité cultivée et dans la transmission des savoirs paysans.

Pour le commander ou vous renseigner :
Réseau Semences Paysannes • Cazalens, 81600, Brens
Tél./Fax : +33 (0) 5 63 41 72 86
contact@semencespaysannes.orgwww.semencespaysannes.org


Avec le Centre d’étude et terre d’accueil des blés (CETAB) et le RSP

Rencontres paysannes. Renaissance de la biodiversité céréalière et des savoir-faire paysans - Port Sainte-Marie (47)

Du 23 au 26 juin, à Port Sainte-Marie dans le Lot et Garonne, plus de 150 paysan(ne)s, artisan(e)s, technicien(ne)s et chercheur(se)s venues d’Europe et de pays méditerranéens se sont réunis pour échanger sur leurs savoir-faire autour de la culture et l’utilisation des variétés paysannes de blé et autres céréales.
L’objectif principal était de renforcer les initiatives européennes autour de la gestion et de la valorisation des variétés paysannes de céréales (blé principalement, blé dur, maïs, seigle, épeautre, sarrasin), .Ces rencontres ont montré le formidable potentiel de création et de maintien de la biodiversité des agriculteurs (et des artisans) dès lorsqu’on valorise leurs savoirs et qu’on reconnaît leurs droits.

Un livret sur cette rencontre est en cours de réalisation et vous sera présenté dans le prochain bulletin de BEDE.

CETAB - Centre d’Etude et Terre d’Accueil des Blés
Le Roc • 47130 Port Sainte-Marie
Contact : Jean-François Berthellot, Phillipe Guichard


Avec Bio d’Aquitaine

BEDE a participé à l’élaboration des supports d’information du regroupement d’agriculteurs bio d’Aquitaine (un millier en 2008). L’association fédère au niveau régional cinq associations départementales de producteurs bio et est adhérente à la Fédération Nationale des Agrobiologistes (FNAB) et au Réseau Semences Paysannes. Bio d’Aquitaine a pour objectif le développement de l’agriculture biologique dans une perspective de durabilité sociale et environnementale de la production agricole sur le territoire aquitain. Elle est pionnière en France dans la mise en place de Maisons de la Semence paysanne.

Bio d’Aquitaine • 6, rue du Château Trompette • 33000 Bordeaux
Tél. 05 56 81 37 70 • www.bio-aquitaine.com


Avec l’Association Sénégalaise de Producteurs de Semences Paysannes (ASPSP)

• DVD : "En route vers l’autonomie en semences en Afrique de l’Ouest"

La foire sous-régionale des semences paysannes à Djimini, Sénégal, 2009, en images

Ce film est le recueil de témoignages de paysans venus de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et de France qui expliquent l’importance de conserver et d’échanger les semences des variétés paysannes et leurs savoirs associés, parce qu’autonomie semencière rime avec souveraineté alimentaire.

ASPSP - BEDE, 2009

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• Journal de la “Foire sous-régionale des semences paysannes, Djimini, Sénégal, 2009”

Articles sur les ateliers et évènements pendant et autour de la foire : sélection, privatisation des semences, foncier et agrocarburants, agroécologie...

ASPSP - BEDE - Centre Mamou

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Avec GRAIN

Étude de faisabilité d’un mécanisme de financement international destiné à soutenir les actions des communautés locales en faveur de la biodiversité agricole

Les communautés, les organisations communautaires locales (CBOs) et les mouvements sociaux qui s'engagent dans la gestion locale de la biodiversité agricole sont souvent confrontés à des difficultés d'accès aux financements pour soutenir leurs actions. Cette étude, qui repose en grande partie sur des entretiens conduits auprès de militants, d'organisations de la société civile et d'organismes de financement, vise à mieux faire comprendre ces difficultés et propose un mécanisme participatif de financement pour l'agro-biodiversité.
(Version française de l'étude publiée il y a deux ans en anglais)

2007. BEDE, GRAIN, 39 p. www.grain.org

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Formation à l’utilisation de la mallette pédagogique Epi

Les associations BEDE et APIEU organisent une formation d'une journée (choix de juin à septembre) à l'utilisation de la mallette pédagogique Epi. Cette formation s'adresse aux animateurs d'associations et de réseaux et aux enseignants porteurs de projets pédagogiques destinés au jeune public (écoliers et collégiens) autour des thématiques de l'environnement, de l'agriculture et de l'alimentation.
Epi est un outil original qui comprend plusieurs plateaux de jeux (graines pour faire des mandalas, loto des céréales, jeu où les enfants voyagent dans différentes fermes, jeux de rôles) pour des enfants et adolescents de 6 à 15 ans et une utilisation en milieu scolaire ou extra scolaire.
EPI a été conçu pour que les enfants puissent être sensibilisés aux façons de cultiver la terre et de se nourrir aujourd'hui. C'est un outil complémentaire pour toutes les associations ayant déjà des actions d'éducation sur l'agriculture, le jardinage, l'alimentation et la solidarité internationale. A la fin de la formation, chaque structure repartira avec une mallette Epi et pourra ensuite l'utiliser librement pour ses activités.

Prix par structure : 800 euros (maximum 3 personnes - La prise en charge des frais par les organismes de formations (OPCA) est possible.)
La plaquette de présentation et le formulaire d'inscription sont disponibles ici
Pour plus d'informations vous pouvez également contacter Nathalie Ramos : bede@bede-asso.org - 04 67 65 45 12.


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Figue, olive, datte et charrues : les échanges directs de pratiques battent leur plein


En quelques mois, le programme "Terroirs Sources" a mis en mouvement des dizaines de paysans et paysannes, transformatrices, ou encore forgerons entre l'Algérie, la France et la Tunisie pour des échanges valorisant la biodiversité cultivée.


Autour du figuier, que l'on a fêté à quelques semaines d'intervalle à Béni-Maouche en Algérie et à Vézénobres en France, et qui a fait l'objet d'échanges très riches, surtout avec les femmes de Kabylie qui ont reçu chez elles les figuicultrices transformatrices gardoises. Les recettes se sont échangées et un projet de livre commun est envisagé. Les pratiques de conservation et l'intérêt diététique de chaque qualité de figue ont été discutés. Vézénobres a mis cette année la Kabylie à l'honneur avec un mini festival culturel autour du figuier, à la grande joie de la communauté algérienne d'Alès qui est venue soutenir les figuiculteurs de Béni-Maouche.


Autour du dattier, avec l'association de Béni Isguen (Algérie) “Tazdaït dlal Oussann”. Une collaboration avec BEDE sur un projet d'école du palmier est en cours afin de soutenir la professionnalisation des métiers du palmier.


Autour de l'olivier, avec l'Algérie et la Tunisie. A l'invitation de l'Association du Développement Durable (ADD) de Médenine et de l'Union Tunisienne des Agriculteurs et Pêcheurs (UTAP), BEDE a accompagné en janvier une tournée de l'Association des Oléiculteurs de la wilaya de Béjaïa (visite de moulins à huile, dégustation, échanges d'expériences autour des variétés les plus répandues au Maghreb, chemlali et chetoui.) Un oléiculteur du Gard, Franco Campani, était présent pour témoigner de l'expérience française. Tout le monde s'est plus tard retrouvé à Akbou en Kabylie à la fête de l'olive. Ce fut l'occasion pour Edith Arbault de transmettre les appréciations de consommateurs du Tarn qui ont testé deux qualités d'huile d'olive kabyle.


Ce sont ensuite les charrues attelées qui tracent rapidement leur sillon en Algérie. Depuis un an, les petites agricultures des montagnes et des oasis reconsidèrent les bienfaits de la traction animale avec le matériel moderne de Prommata (Promotion du machinisme moderne agricole à traction animale). Des stages de démonstration ont été organisés pour les paysans en Kabylie et au Mzab, et une formation soutenue par la Chambre d'agriculture de Béjaïa a permis de transmettre le savoir faire à cinq forgerons soudeurs algériens qui sont repartis avec les porte-outils qu'ils avaient fabriqués pendant le stage ainsi que les gabarits pour des fabrications standard dans leurs ateliers.


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