Atelier de formation à la transformation de la figue (Béni Maouche, Algérie : 14-26 août 2013)

Par Marie Poizat, artiste, cuisinière et formatrice culinaire

Depuis 2009, BEDE et l’Association des figuiculteurs de la wilaya de Bejaïa travaillent sur la valorisation des figues par la transformation et ont soutenu la création d’une coopérative de 13 figuiculteurs qui est en train de se doter d’un atelier de transformation dans lequel des femmes travailleront. En août 2013, une mission de formation assurée par Marie Poizat, assistée par Chafia Aït Hamoudi (salariée de la coopérative et animatrice de l’association des figuiculteurs) a été organisée, à laquelle 11 femmes ont participé.Préparation pour confiture de figue (Beni Maouche, Algérie, août 2013)

Depuis longtemps intéressée par les projets de valorisation de la biodiversité végétale, Marie Poizat anime avec passion des ateliers cuisine où elle transmet un savoir-faire et permet à chacune d’exprimer le meilleur d’elle-même.

"C’est surtout en rentrant en France, en repensant à ce que j’avais vécu en Kabylie, en le racontant autour de moi, que j’ai réellement pris conscience de la richesse des échanges et de la valeur de ce que j’avais partagé au cours de la formation que j’ai animée, ainsi que chez la famille Abid qui m’a toujours si bien accueillie.Dès le lendemain de mon arrivée, j’ai rencontré un groupe de 11 femmes de 16 à 46 ans très motivées, désireuses d’apprendre, travailleuses et naturellement bien organisées, passionnées de cuisine, heureuses de découvrir et goûter de nouvelles recettes.Des notions d’hygiène ont été abordées et semblent acquises, mise à part la stérilisation des pots qui aurait dû être faite … Maisnous devons recon­naître que nous avons travaillé dans des conditions assez précaires (dans la cantine d’une école primaire, problèmes d’eau, de four, etc.)Nous avons préparé des confitures (figues sèches/poires, figues fraîches/citron ou vanille/badiane), et des pâtisseries, à améliorer, surtout au niveau de la cuisson (problème de four).L’enthousiasme général et la qualité exceptionnelle des figues de Béni Maouche ont permis de réaliser de petites merveilles très appréciées au cours de la dégustation qui a suivi cet atelier le dernier jour, et à laquelle une cinquantaine de personnes ont participé.Toutes ces femmes souhaitent travailler ensemble au plus vite, et nous encourageons la coopérative des figuiculteurs à mettre en place un atelier de transformation fonctionnel avec le soutien de BEDE, et mon engagement dans ce projet. Les femmes qui ont suivi cette formation ont d’ailleurs vite compris le rôle important qu’elles peuvent jouer pour valoriser la figue de Béni Maouche. C’est pour cela que j’ai tant d’admiration pour elles, prêtes à dépasser les difficultés de leur vie quotidienne, et que je souhaite que les produits de leur atelier rencontrent auprès d’un large public tout le succès qu’ils méritent." Marie Poizat
Figues Beni Maouche, Kabylie, Algérie

L’un des prolongements de cet atelier a été la publication d’un livre, “Passions de figues”, en septembre 2016.