Espace d’échanges et de formation sur les semences paysannes maraichères (5 au 10 Octobre 2018, Ferme agroécologique de Réo, Burkina Faso)

Pour relever le défi de l’autonomie paysanne en semences maraichères, plusieurs praticiennes et praticiens de l’agroécologie paysanne d’organisations du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal, du Bénin, du Togo et du Niger impliquées au sein du Comité ouest africain des semences paysannes (COASP) se sont retrouvés à la ferme agroécologique de Réo (FAR de l’APAD) au Burkina Faso du 5 au 10 Octobre 2018.

Cette rencontre a permis de croiser les initiatives et savoirs existants concernant l’adaptation, la sélection et la production de semences paysannes potagères locales et « exotiques » en agroécologie paysanne, et de les consolider. Les fondements d’un réseau de production et de diffusion des semences paysannes maraichères, « système multilatéral paysan », avec des outils communs pour la gestion des cases vivantes de semences paysannes ont été posés afin de passer à une échelle supérieure et renforcer le réseau.

 

Enjeux actuels du COASP, objectifs et organisations participantes

Le COASP

Depuis la constitution du réseau « Comité Ouest africain des semences paysannes » (COASP) , entre 2009 et 2011, chaque membre dans son pays, dans son organisation, sur sa ferme cherche à développer des initiatives d’autonomie semencière.
Un des défis se trouve dans l’adaptation, la sélection et la diffusion de semences paysannes pour le maraichage en agroécologie paysanne. En effet, le COASP est de plus en plus interpellé sur sa capacité à affranchir le monde paysan des « semences boîtes ».
Son rôle est aussi de sensibiliser les acteurs à la biodiversité cultivée locale. En effet, il ne s’agit pas seulement de vouloir adapter des « semences exotiques », mais aussi de produire et de valoriser les légumes locaux.
Depuis une décennie, plusieurs initiatives sont menées dans les pays de la sous-région : multiplication de variétés paysannes locales, recherche pour l’adaptation de semences provenant des réseaux semences paysannes notamment européens, création d’unités de formation et de production spécialisées.
Aujourd’hui, en mettant en commun tous les acquis, le COASP est en mesure de construire les bases de l’autonomie semencière maraichère et mettre en œuvre les mécanismes pour les diffuser plus largement.
C’est dans ce sens qu’une rencontre s’est organisée à la ferme école en agroécologie paysanne de Réo au Burkina Faso du 5 au 10 Octobre 2018.

Les objectifs de cette rencontre étaient en particulier de :
  • Partager les initiatives et expériences en cours en matière d’adaptation, de sélection, de multiplication et de diffusion des semences paysannes maraichères ;
  • Mutualiser les outils et les semences disponibles ;
  • Poser les fondements d’un réseau de production et de diffusion des semences paysannes maraichères.
Organisations présentes :

Outre la coordination des programmes de BEDE en Afrique de l’Ouest basée au Mali, et les organisations du Burkina Faso (Ferme agroécologique de Réo qui accueillait la rencontre, AIDMR, APAD Sanguié, Béo Nééré), plusieurs organisations y ont participé, venant du Mali (Ferme agroécologique de Benkadibugu, COFERSA), du Bénin (ORAD, JIZREL, Jardins de l’espoir Togoudo), du Niger (FCMN, Fédération de Zoumoutchi), du Sénégal (ASPSP, Baragnini, AFAFA, Agrécol Afrique partenaire de Autre Terre (Sénégal) et du Togo (AREJ).

 

Déroulement de la rencontre

L’atelier s’est déroulé sur cinq jours autour de quatre temps forts :

1 – Partage des expériences sur les modes d’organisation

Chaque représentant a présenté son organisation, ses acquis, ses domaines d’expertise, les difficultés auxquelles elle fait face, les cultures et les variétés disponibles (en expérimentation, en phase de multiplication et déjà adaptées).

On note que toutes les organisations sont avancées dans le processus de production de semences en agroécologie paysanne, notamment des espèces et variétés qui existent dans la région mais qui malheureusement sont de moins en moins demandées par le consommateur. Un travail de diversification variétale doit être envisagé. En ce qui concerne les variétés dites « exotiques », plutôt originaires d’occident ou d’orient, certaines variétés de carotte, de laitue, de concombre, sont déjà adaptées, sélectionnées et multipliées au sein des organisations. Les niveaux de maîtrise des méthodes de sélection et d’extraction varient en fonction des organisations. D’autre part, la production de certaines semences d’espèces telles le chou ou la betterave ne sont maitrisées par aucune des organisations présentes, et seules des expérimentations paysannes sont en cours.

2 – Échanges pratiques et techniques sur les cultures et variétés

Les organisations ont partagé les difficultés qu’elles rencontrent autours de certaines cultures, par exemple sur la production de semences de variétés de tomate, de carotte, d’ail, de chou et d’Artemisia ; les anomalies ou maladies observées sur les variétés ;  ou encore les insectes ravageurs. Les échanges ont aussi porté sur les méthodes d’adaptation, de sélection, et les membres ont proposé des solutions de luttes biologiques contre les attaques et les maladies ainsi que des astuces sur les manières de faire de bonnes pépinières.

TP sur la production de microorganismes utiles

TP sur la préparation de pépinières