3 – Discussion autour du concept de la case de semence et des différents modes d’organisation

On retient que pour la majorité des organisations présentes et selon leur expérience (perte de variétés), la case de semence se situe à deux niveaux : décentralisé au niveau du producteur, et centrale avec des échantillons de toutes les variétés disponibles au sein de l’organisation. Le producteur conserve lui-même chez lui et n’apporte de grosses quantités à la case centrale qu’en cas de commande.

L’organisation d’une case de semences doit faire face à plusieurs défis :

  • Le gros défi qui demeure est l’animation et la gestion de la case de semences, notamment l’organisation du bon suivi d’une variété, de sa mise en terre à sa conservation dans la case, ainsi que le suivi des stocks disponibles.
  • A ce défi s’ajoute celui des équipements et matériels d’extraction et de conservation. Les participants ont fait ressortir qu’il est de plus en plus difficile d’avoir des matériels de conservation respectueux de l’environnement et évoqué la facilité que pourrait leur apporter un matériel de tri comme la colonne à air par exemple ainsi que l’avantage des cases construites en voûte nubienne face à la grande chaleur du Sahel.
  • Le dernier défi porte sur la reconnaissance et l’assurance qualité : comment mettre en place un système de garantie de la semence paysanne produite en agroécologie paysanne ? Le système de certification ayant recours au système conventionnel de certification des semences « système par un tiers » ne semble pas adapté aux systèmes semenciers paysans et aux semences paysannes. Les organisations souhaitent privilégier, comme certaines l’ont déjà fait pour les produits issus de leur production, un système de proximité de certification ou de garantie par les pairs, incluant le consommateur. Chacun devrait réfléchir sur sa conception idéale pour l’exposer à la prochaine rencontre.
4 – Construction d’un système multilatéral paysan avec des outils communs pour la gestion de la case de semences paysannes

Il a été noté que pour fonctionner en réseau de producteurs de semences paysannes, il est important d’avoir des outils communs à tous les niveaux et de voir comment les adapter selon les pays et les organisations parties prenantes : logo, fiche de description des semences, liste récapitulative des semences, registre des producteurs et organisations, liste des espèces autogames et allogames, tableau de suivi du stock, tableau de diffusion et étiquettes.

 

Fin de la rencontre : Inventaire et mutualisation des semences

Une liste des semences décrivant les caractéristiques de chacune des variétés disponibles à la rencontre et à distribuer en fin de session le dernier jour a été mis à la disposition des participants afin qu’ils puissent déjà répertorier les semences dont ils souhaiteraient expérimenter la production, l’adaptation et la multiplication en agroécologie paysanne. On a compté une centaine de variétés partagées, dont une cinquantaine produites par les paysannes et paysans mêmes (Mali, Sénégal, Niger, Bénin, Burkina) et l’autre partie en provenance d’artisans semenciers en agroécologie paysanne de France (Germinance, Agro bio Périgord, Biau germe).

Emballage et répartition des semences

Chaque organisation a pris l’engagement d’adapter et de multiplier au moins deux variétés de culture et à en faire un suivi régulier.

Membres du COASP à la rencontre-formation sur les semences maraîchères
(Ferme agroécologique de Réo, Burkina Faso, 5 au 10 octobre 2018)