“Quel(s) statut(s) juridique(s) pour les grimpeurs de palmier-dattier ?”

Les associations AREA-ED [1] et BEDE, en collaboration avec l’INRAA [2] ont organisé un atelier multi-acteurs : « Quels statuts juridiques pour les grimpeurs de palmiers dattiers ? », à la Station INRAA de Sidi Mahdi (Touggourt), les 12 et 13 avril 2017. (Communiqué)

Plus de 45 personnes ont participé à ces journées regroupant des travailleurs du palmier, notamment des grimpeurs, des propriétaires-employeurs des palmeraies, des représentants des autorités publiques auxquelles reviennent les décisions et leur mise à exécution, des représentants des assurances et des institutions administratives et de recherche en charge du développement de la filière, et des représentants de la société civile. Les discussions ont porté sur l’évaluation de la situation des grimpeurs de palmiers, la recherche de différentes potentialités d’assurances et la réflexion sur le statut de travailleurs indépendants et enfin, sur l’appui et l’encadrement des structures administratives et de recherche pour les aspects de formation et d’innovation sur l’outillage et la prévention des risques.

La filière datte occupe une place de premier plan dans la stratégie algérienne de diversification de l’économie. Un effort financier considérable a été consenti pour moderniser l’infrastructure de stockage-conditionnement, soutenir les sociétés exportatrices, valoriser les variétés dites secondaire. La labellisation récente de la Deglet Nour de Tolga complète le dispositif d’accompagnement de l’État.
Toutes ses actions reposent grandement sur les travailleurs du palmier, ceux qui doivent escalader un palmier haut de 10 à 20 mètres, environ 8 fois par an (travaux de pollinisation, pose des régimes, ciselage, coupe des palmes sèches, nettoyage, ensachage, récolte). Un grimpeur et cultivateur de palmiers-dattiers soigne entre 180 et 200 palmiers par an. Mais aujourd’hui cette profession, estimée à plus de 100 000 personnes, se raréfie. Or, comme seule une petite partie de la palmeraie algérienne permet l’utilisation de nacelles mécanisées, pour l’essentiel des plantations, le travail du grimpeur est indispensable. Son rôle est particulièrement précieux dans les anciennes oasis, berceaux d’une riche biodiversité où près d’un millier de variétés différentes de dattier ont été inventoriées. Mais depuis quelques années, à défaut de main d’œuvre qualifiée, de nombreux palmiers sont abandonnés ou détruits.

Le danger et la pénibilité n’expliquent pas à eux seuls cette désaffection envers ce métier, très spécialisé, nécessaire à l’économie nationale. Un autre facteur rentre en ligne de compte : la plupart des grimpeurs ne bénéficient d’aucun encadrement administratif, faute de statut juridique adéquat prenant en compte leur situation particulière, surtout lorsqu’ils exercent à la tâche dans des palmeraies différentes, pour le compte de propriétaires différents. Ainsi ces grimpeurs de palmiers, à l’instar d’une multitude d’ouvriers exerçant un métier à risque dans le secteur informel, ne peuvent prétendre à une protection sociale, à moins d’adopter des statuts d’entreprise éloignés de leur situation réelle et les astreignant à une gestion administrative compliquée. La réflexion engagée aujourd’hui tend à trouver une identité juridique aux grimpeurs des palmiers, ce qui ouvrira une voie à la reconnaissance et à la réglementation de cette profession, et à la sécurisation d’une partie importante des ouvriers de ce secteur.

Les propositions que les participants à l’atelier ont formulées sont autant de pistes pour aller dans ce sens. Elles s’articulent autour de quatre axes : le cadre juridique, la professionnalisation, la modernisation de l’équipement et la sensibilisation.
> Lire les Propositions issues de l’atelier

[1] Association de Réflexion, d’Échanges et d’Action pour l’Environnement et le Développement – www.area-ed.org  [2] Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie – www.inraa.dz

> Présentation et programme

“Statut juridique des grimpeurs de palmiers”, Étude préliminaire rédigée par Mme Zina Yacoub, Maître assistante chargée de la recherche à la Faculté de Droit et Sciences politiques, Université de Béjaïa, Algérie. (édition : octobre 2017)
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> Lire l’article de Nordine Boulahouat : “Le lourd tribut des grimpeurs de palmiers dattiers”