Premières enquêtes sur l’agrobiodiversité
dans 3 Parcs nationaux en Algérie
(Tlemcen, Djurdjura et Babors, 25 juin – 16 juillet 2018)

(Voir la présentation du projet piloté par AREA-ED en partenariat avec BEDE et TORBA, et soutenu par le Programme d’Actions Pilote pour le Développement Rural et l’Agriculture, PAP-ENPARD UE/Algérie)

Recrutement et formation des enquêteurs et enquêtrices

Les enquêteurs et enquêtrices ont été pour la plupart recruté.e.s parmi ceux et celles qui ont participé au diagnostic territorial coordonné par l’AREA-ED dans la phase précédente du projet. Leur connaissance du terrain et du projet ACPP sont des atouts.

Pour des raisons d’éloignement géographique, la formation méthodologique a été donnée 2 fois, à Tlemcen pour les enquêteurs du PN Tlemcen et dans le Djurdjura pour les enquêteurs du PN Djurdjura et du PN des Babors, qui ont pu être regroupés en raison de la proximité relative des deux massifs.

PN de Tlemcen (Ourit)

Vue du PN du Djurdjura

Vue du PN des Babors
Déroulement des enquêtes

Pour 2 parcs sur 3, chaque équipe était constituée d’un enquêteur et d’une enquêtrice assisté.e.s d’un accompagnateur/facilitateur connaissant bien le terrain, pour les guider sur le territoire, prendre les rendez-vous avec les fellahs, faire le lien avec les autorités locales, et organiser la logistique.

Le massif des Babors s’étant révélé assez riche en agrobiodiversité, beaucoup de plantes intéressantes auront besoin d’être revisitées au stade de leur maturation. Un retour sur le terrain est donc prévu en septembre.

Les échanges avec des personnes âgées seules, hommes et femmes qui ont la mémoire des plantes et de leurs usages s’est avérée très riche.

(Aâmi Smaïl, Oued El Bared, Parc National des Babors)

Soutien institutionnel

Les gestionnaires des Parcs nationaux de Tlemcen, du Djurdjura et des Babors et leurs équipes se sont fortement impliqués dans le soutien méthodologique et logistique de la mission, ainsi que les représentants des APC d’Ait Buwaddu et Oued El bared. Qu’ils en soient tous remerciés.

Des acteurs de la société civile actifs sur le terrain

La prospection sur les territoires des PN ou voisins des PN a permis de rencontrer des organisations associatives actives et soucieuses du développement durable de leur région : à Tlemcen, l’Association Forêt Modèle et l’Association nationale des produits de terroir ;  dans le Djurdjura, l’Association du village d’Ath Oulhadj et l’Association Axam n’da Ali (Tizi Rached) ; et dans les Babors , l’Association Environnement/tourisme d’Oued El Bared. Les associations Forêt Modèle et Environnement /tourisme sont d’ores et déjà impliquées dans le projet ACPP puisque des enquêteurs sont recrutés parmi leurs membres.


Groupe de discussion, Aïn Ghobara (PN Tlemcen)

Premiers constats tirés des enquêtes :


Entretien avec des bergers (PN des Babors)

L’élevage, une activité substantielle pour les populations

Dans les 3 Parcs Nationaux, la production animale contribue significativement à la vie des montagnards. Les éleveurs signalent de grosses contraintes de commercialisation. La désorganisation de la filière viande rend difficile la valorisation des animaux alors que, paradoxalement, ils peuvent revendiquer une viande d’excellente qualité.

Le soutien de l’État à l’agriculture a introduit dans la montagne des races animales, dites « à haut potentiel » mais qui sont élevées quasiment hors sol (stabulation et alimentation importée) alors que dans les 3 PN, il subsiste encore des races animales capables d’évoluer en terrain accidenté et de tirer parti des ressources fourragères locales : ovins : races Berbère, Beni Ighil ; caprins : souvent issus de croisements ; bovins : dominante brune de l’Atlas + croisements ; volailles : souches locales (élevage marginal, limité aux besoins familiaux, mais qui peut évoluer en activité commerciale).

Brebis, race berbère (PN des Babors)
Vaches Brunes de l’Atlas (Ahfir, PN de Tlemcen)

A noter : On retrouve une activité apicole plus ou moins dynamique dans es 3 Parcs nationaux. Le miel produit est semble-t-il d’excellente qualité.

Quelques plantes et produits remarquables

Plusieurs variétés locales de poirier, grenadier, figuier, noyer, raisins, haricot, tomates, etc. ont été listées. Les 3 équipes d’enquêteurs poursuivent les prospections. Des fiches de description rapide ainsi que des photos numériques donneront un aperçu des plantes les plus intéressantes.

Pomme de terre “Flouqua” (PN Babors), abricot de Beni Snouss (PN Tlemcen), oignon de Talaigjnane (PN Babors), tomate Cœur de bœuf (PN Babors), grenadier (PN Djurdjura), poirier Ifires (PN Djurdjura), entretien à Aïn Mella (PN Babors), abricotier à El Ourit (PN Tlemcen)

Un projet AREA-ED / BEDE / TORBA  co-financé par Misereor et  l’Union européenne
dans le cadre du programme :