Qui sommes-nous ?

BEDE (Biodiversité : Échanges et Diffusion d’Expériences) est une association de solidarité internationale fondée en 1994.

BEDE contribue à la protection et à la promotion des agricultures paysannes en soutenant les initiatives d’une gestion respectueuse du vivant par un travail d’information et de mise en réseau, en lien avec une cinquantaine d’organisations de différents réseaux français, européens et internationaux.

BEDE organise des ateliers, des rencontres entre paysans, chercheurs et société civile des pays d’Europe, du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, accompagne la structuration des organisations paysannes et réalise du matériel pédagogique.

Ce travail permet au grand public de se saisir des enjeux et aux paysans et organisations d’améliorer tant leur travail de terrain que leurs capacités de négociation sur le plan législatif.

BEDE de ses débuts à aujourd’hui

Si BEDE a toujours conservé sa nature d’association de solidarité internationale, plusieurs mues l’ont modifiée significativement entre 1994 et aujourd’hui. En 20 ans, la petite association étudiante de bénévoles liée à l’Algérie (à l’époque Bibliothèque d’Échange de Documentation Étudiante) est devenue une organisation spécialisée d’échanges et de diffusion d’expériences sur la biodiversité agricole, qui établit des collaborations avec des professionnels en Europe, au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.
Ce qui reste constant dans la démarche de BEDE, c’est qu’elle s’attache à rendre intelligibles les enjeux qui bouleversent le vivant et à en combattre les effets mortifères, notamment l’érosion de la biodiversité culturale et culturelle, la transformation génétique des espèces agricoles et alimentaires, et l’appropriation industrielle des organismes vivants par les brevets. Centré sur une aire géoculturelle euro-africaine à base méditerranéenne, son mode d’action est d’établir des passerelles entre les communautés de pratiques, de connaissances, de savoirs, pour renforcer une intelligence collective propre à agir concrètement sur différents terrains.

Élargissement de la vocation pédagogique

La vocation pédagogique a longtemps marqué les actions de BEDE, composée à l’origine par une majorité de formateurs. Le premier CD-ROM Interface enjeux du vivant en 2000 mettait déjà en relation savoirs scientifiques et savoirs populaires sur les principaux enjeux du vivant. Il a été suivi par de nombreux autres outils dont le dispositif pédagogique EPI, malle de jeux à destination du jeune public réalisée avec l’APIEU sur la biodiversité cultivée et les OGM, et les dossiers pédagogiques et l’exposition « OGM en questions » (4ème édition en 2013).
Les dernières productions de BEDE, les publications “Consommer la biodiversité locale pour mieux se nourrir” (BEDE/COFERSA, 2015), “Passions de figues” (BEDE/AFWB, 2016), “Semences paysannes en Afrique de l’Ouest : Guide de production” (BEDE, 2017) et le documentaire “Éloge des mils : l’héritage africain” (BEDE/AAPSI/DJACOMM, 2017) s’inscrivent toutes dans la valorisation des produits, des cultures et des semences locales.
Mais l’association n’en est pas restée à cette fonction d’information et d’éducation et les membres ont aussi souhaité contribuer à des propositions et des actions sur le terrain, en participant à un engagement citoyen plus concret. C’est l’orientation que, progressivement, BEDE va alors impulser à ses programmes, au fil des nouvelles exigences de mobilisation imposées à la société par les mesures d’un libéralisme avide, brutal et destructeur du monde vivant. 

De la solidarité avec le peuple algérien aux réseaux internationaux pour une agroécologie paysanne et solidaire

Entrelacs des associations euro-algériennes
Le premier chaos qui a donné naissance à BEDE est celui du terrorisme des années 90 en Algérie. L’association participe alors à la mobilisation de la société civile pour la solidarité avec le peuple algérien en coordonnant son premier projet européen Entrelacs des associations euro-algériennes pour appuyer les partenariats associatifs entre les deux rives de la Méditerranée dans un contexte politique chargé.

Les OGM dans le débat public en France et en Afrique
A la fin des années 90, une secousse d’un autre ordre remue le monde: la mise en champs des premières cultures de plantes transgéniques brevetées. L’absence de débat public stimule alors l’engagement de l’association pour le droit à l’information, en particulier en France, avec les agriculteurs de la Confédération paysanne opposés à ces cultures. Avec ces derniers, Greenpeace, Geyser et d’autres, nous allons mettre en place la veille citoyenne d’information francophone sur les OGM, Inf’OGM, en 1999.

Afin que l’information circule aussi en Afrique, nous organisons des ateliers sur la biosécurité dans plusieurs pays pour un public aussi bien institutionnel que d’ONG et d’organisations paysannes et pendant cette période, construisons des compagnonnages avec de nombreuses ONG : l’AREA-ED en Algérie, l’ADD en Tunisie, Crocevia en Italie, et au niveau international, GRAIN et ETC Group.

Les semences paysannes et la promotion de la biodiversité cultivée en agroécologie paysanne
En 2003, nous accompagnons l’émergence du Réseau semences paysannes, porteur des valeurs de l’agriculture biologique et paysanne et révolutionnant l’approche classique de la sélection des plantes cultivées en défendant les droits des agriculteurs à faire évoluer, sélectionner, multiplier, échanger et vendre leurs semences. C’est principalement dans les activités internationales du RSP que BEDE collabore en facilitant les échanges Nord-Sud des expériences paysannes, et en participant à la construction d’une plateforme de coordination européenne, Libérons la Diversité.

Dans un contexte de bouleversement climatique : des réseaux nationaux et internationaux face à un enjeu global
L’avenir est dans la gestion dynamique de la biodiversité agricole en agroécologie paysanne dans un contexte où les changements climatiques deviennent une préoccupation majeure.

Nouveau chaos qui apparaît plus dramatique au fur et à mesure que les politiques sourdes poursuivent leur folle escalade d’une croissance inconsciente. Nouvelles priorités pour BEDE, nouvelles mutations pour assurer un plus grand ancrage dans la réalité des agricultures paysannes des territoires où nous travaillons. Objectif : construire avec les communautés paysannes des référents concrets pour un projet agricole écologique, social et solidaire qui alimente sainement les gens et ne détruise pas la planète, un “archipel de terroirs sources”.

Des actions en faveur de la biodiversité cultivée en Algérie, en Afrique de l’Ouest et en France, construites en collaboration avec des organisations paysannes et des unités de recherche
– En Languedoc-Roussillon avec Chemin Cueillant et les Semeurs du Lodévois-Larzac, nous avons mené et menons des actions pour une organisation collective de la gestion de la biodiversité cultivée locale, tout comme en Algérie (au Mzab avec l’association des phœniciculteurs Tazdaït et en Kabylie avec l’association des figuiculteurs de la wilaya de Béjaïa) et en Afrique de l’Ouest (en Casamance avec l’Association sénégalaise des producteurs de semences paysannes (ASPSP), dans le nord Togo avec la coopérative Agrobio-Savanes et avec l’ORAD au Bénin).

Gestion de la biodiversité cultivée mais aussi valorisation économique des produits qui en sont issus, qui implique principalement les femmes. Nous y travaillons au Mali avec les coopératives de la Convergence des femmes rurales pour la souveraineté alimentaire (COFERSA) et en Algérie avec les coopératives de l’Association des figuiculteurs de la wilaya de Béjaïa. Au Mzab dans le sud algérien, c’est avec les grimpeurs de palmiers dattiers que nous accompagnons un projet sur un harnais de sécurité avec les techniciens de Petzel, spécialistes du matériel de montagne.

L’obligation de réfléchir de manière plus efficace aux conséquences des perturbations du climat nous amène à trouver des formes d’organisation innovantes conjuguant les savoirs et savoir-faire scientifiques et techniques les plus modernes et ceux des paysans pour les mettre au service des petits producteurs d’aliments qui nourrissent la plus grande partie de l’humanité. C’est dans cette perspective méthodologique que nous avons entamé la démarche des Laboratoires hors murs avec UMR Innovation / Supagro en France, et d’autres structures de recherche dans plusieurs pays pour construire l’intelligence collective appliquée à l’utilisation durable de la biodiversité agricole dans un contexte mouvant et incertain.

Entre 1994, moment de la naissance de BEDE sous le nom de Bibliothèque d’Échange de Documentation Étudiante et aujourd’hui où BEDE signifie Biodiversité Échanges et Diffusion d’Expériences, un terme est resté, toujours au centre, celui d’échange. Échange au sens de partage, d’expériences, de savoirs, et de solidarités.

Plaquette de présentation de BEDE