Apiculture urbaine, les villes au secours des abeilles


apicultrice

Entre 1985 et 2005, Greenpeace considère que la population d’abeilles domestiques a dramatiquement chuté de 25%, allant même jusqu’à 80% sur certaines ruches européennes. Ainsi, le 17 octobre 2017, le journal Le Monde a publié un article qui rapportait la quasi-disparition des abeilles en Europe. Ce phénomène serait dû principalement au fort usage de pesticides chimiques, ainsi qu’à l’urbanisation qui détruit souvent les milieux naturels.
Cependant, pour enrayer le phénomène et inverser la courbe démographique des abeilles, divers groupes d’hommes et de femmes se sont décidés à se lancer dans l’apiculture urbaine.

Qu’est-ce que l’apiculture urbaine ?

L’apiculture urbaine est une pratique de l’apiculture née aux environs du début des années 2000. Elle apparaît comme étant la jonction entre deux mouvements : le mouvement de réappropriation du milieu urbain par les citoyens et le courant environnementaliste. Le but est de favoriser le développement durable au sein des villes par le biais de la responsabilité individuelle et civique.
Alors pourquoi l’apiculture en milieu urbain ? Le phénomène de pollinisation assure environ 50% de la nourriture humaine. L’effondrement, voire la disparition des populations d’abeilles, représente un danger réel et concret pour l’humanité. Pour lutter contre cette menace, des apiculteurs visionnaires ont décidé de se réapproprier les villes en implantant des ruches sur les toits de bâtiments ou dans les jardins publics. Le mouvement est ainsi né dans les grandes métropoles européennes et américaines comme New York, Londres ou Paris.
Ce phénomène a aujourd’hui pris de l’ampleur. On compte désormais dans la capitale française entre 1500 et 2000 ruches.

ruche urbaine

Quels sont les avantages et les limites de la production de miel en ville ?

L’apiculture urbaine offre de nombreux avantages propices au bien-être des populations d’abeilles.
Tout d’abord, l’utilisation des pesticides en ville est bien inférieure qu’à la campagne. Les plantes urbaines subissent en général moins de traitements chimiques. C’est particulièrement vrai dans les villes, comme Paris depuis 2007, qui ont instauré une politique “zéro phyto”. Cet engagement environnemental est plus simple dans les espaces urbains, puisque les espaces verts et jardins publics n’ont aucun devoir de rendement; contrairement à la campagne.
Les centres urbains offrent également une grande diversité florale, quelle que soit la saison. Les abeilles y trouvent ainsi une nourriture variée et abondante tout au long de l’année. Elles peuvent ainsi produire du miel et polliniser la flore sur une période plus importante.
Le miel produit en ville est d’excellente qualité. Bien qu’il possède ses propres caractéristiques, le goût du miel urbain reste très similaire à celui produit dans des régions rurales.
Last but not least, les villes offrent un environnement plus chaud que la campagne. L’écart moyen de température entre les deux milieux s’établit à 1, voire 2 degrés. Cette spécificité permet aux abeilles de jouir d’un certain confort en hiver.
Face au succès de l’apiculture urbaine, certaines voix s’élèvent toutefois désormais pour freiner l’augmentation du nombre de ruches. S’il est vrai que les villes constituent des endroits intéressants pour les abeilles et la production de miel ; il n’en demeure pas moins que les espaces verts restent limités en milieu urbain. Pour certains spécialistes, tel que Léa Lugassy, la limitation du nombre de ruches est nécessaire en raison des seuils de densité. Ainsi, si dans une ville, on se met à installer trop de ruches, alors la production de miel tendra à décroitre au fil du temps. Il est donc nécessaire de trouver un équilibre entre le nombre de ruches et la capacité florale de la ville.

récuperation du miel

Paris le nouveau royaume des abeilles ?

Le mouvement de l’apiculture urbaine a fait exploser le nombre de ruches installées à Paris. On en compte désormais plus de 2000 installées sur les toits parisiens, dans certains publics et dans les grands bois situés en périphérie de la capitale comme celui de Vincennes.

Des apiculteurs professionnels en plein boom

Ce phénomène est à mettre au crédit de différentes entreprises fondées par des apiculteurs urbains qui ont décidé de réimplanter des ruches dans Paris. Leur démarche mêle l’éducation du public, sa sensibilisation aux enjeux environnementaux liés aux abeilles et à la production d’un miel urbain récolté sur le territoire parisien.
Les producteurs d’Apis Civi se sont ainsi spécialisés dans le miel de haute qualité. Ils installent leurs ruches dans les plus beaux endroits de la capitale et produisent un nectar d’exception labellisé et médaillé. Cette miellerie parisienne propose ainsi du miel des Champs de Mars, de Montmartre, des Champs Elysées, du Quartier de l’Opéra, de la Bastille, du Marais et enfin, du Quartier Latin.
L’autre exploitation apicole qui compte sur Paris est Un apiculteur près de chez vous. Fondée par deux apiculteurs parisiens, elle exploite exploite près de 500 ruches sur toute l’Ile-de-France. Elles sont réparties sur la forêt de Fontainebleau, dans la forêt de Chantilly, le bois de Vincennes et, bien entendu, à Paris dans ses quartiers de l’est.
Certains apiculteurs proposent également des formations en apiculture en plus de leurs activités de production et de vente de miel. C’est notamment le cas de Synergia. Tenu par un duo d’apiculteurs, l’entreprise est présente à Paris mais également en Seine-Saint-Denis, dans le Val d’Oise, Yvelines, dans la Seine-et-Marne et sur Deux-Sèvres. Elle mène également des campagnes de sensibilisation dans les milieux scolaires et professionnels.

Des initiations aux quatre coins de Paris

Si vous aussi vous souhaitez devenir apiculteur à Paris ou vous formez dans la capitale, sachez qu’il existe des formations accessibles à tous.
Ces différents cursus associent des cours théoriques avec des exercices pratiques afin d’initier les stagiaires à l’apiculture ou leur apporter une formation plus poussée..

Outre Synergia, l’école Happyculteur propose également des enseignements sur l’apiculture en région parisienne dans un cadre écoresponsable. La formation est plus longue et plus complète que celle de Synergia.
Quelle est la différence entre les deux formations ? Synergia vous propose une initiation puis vous intégrez pendant un an avec un minimum de matériel à son association. Happyculteur au contraire propose une formation pour ceux qui veulent devenir indépendants par la suite.

Cet intérêt des urbains pour l’agriculture de proximité est un phénomène de fond qui se veut comme une réponse partielle aux préoccupations environnementales. Il est accentué par le locavorisme qui favorise la mise en place de circuits courts à l’intérieur même des murs du périphérique. Le développement du nombre de ruches et d’apiculteurs a été un élément précurseur. A mesure que le seuil de densité se rapproche, il va accompagner naturellement ce phénomène de création d’exploitations agricoles urbaines et de nouveaux espaces urbains riches en biodiversité.

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